Quelques magnifiques panoramas….

Voici une sélection de 5 panoramas commentés. Ils ne sont pas classés par ordre d’intérêt, car il est difficile d’établir un ordre d’intérêt, tout dépendra de vous, si vous vous sentez d’humeur plutôt « calcaire » ou dans une énergie plutôt « pommes de pin ». En vrac, voici donc 5 endroits où s’arrêter un moment pour laisser le temps et l’espace s’étirer…

Le Point Sublime

Vue du Point SublimeCelui-ci est sans doute le plus connu, et il n’a pas volé sa réputation… Nous sommes au dessus de la zone la plus profonde des gorges du Tarn, sur le Causse de Sauveterre. Plus de 400 mètres de dénivelé nous séparent de la rivière tout en bas. Le regard pour loin et profond, c’est grandiose… et assez vertigineux.

Le panorama du Tableau

Corniche des Cévennes OT

Celui-là est situé sur la route de la Corniche des Cévennes qui relie Florac et St-Jean-du-Gard. Le grand pré en pente est cultivé, mais avec sa forme curieuse, je me demande s’il ne sert pas de piste de ski l’hiver… De là le regard porte sur le village du Pompidou, la Vallée Française en dessous, et le mont Aigoual à droite… Un très bel endroit, à la frontière entre le calcaire du petit causse (la Can de l’Hospitalet) que l’on vient de traverser et le schiste cévenol.

Le dolmen du Pradal

dolmen Pradal OT

« Quand je prends la route qui monte de Florac vers le Méjean, il arrive souvent un moment où je ne sais plus trop si je conduis ma voiture ou si j’ai piqué un planeur à l’aérodrome. A gauche c’est « La Terre vue du Ciel ». D’ici, on voit tout les monts Lozère, le Bougès, des morceaux de Margeride et d’Aubrac de l’autre côté… Et des moutons. Ou des nuages. Je ne sais jamais. L’idéal est de se poser près du dolmen en haut, car avec les pieds et la tête, c’est aussi l’estomac qui décroche. » Georges du Tarn, témoin contemplatif.

Le mont Aigoual

crédit photo : Alain Lagrave

crédit photo : Alain Lagrave

– Un point de vue incontournable du sommet des Cévennes, où la nuit par temps clair, on peut apercevoir nettement le contour de la méditerranée, avec les lumières des ports. Le jour, la vue à 360° est imprenable, et on peut même, avec de la chance, deviner au loin la chaîne des Pyrénées… Le site est accessible en voiture, et il est possible aussi de visiter la station météorologique, où sont organisées de nombreuses animations en été, comme l’Estival.

Le mont Lozère

crédit photo : Alain Lagrave

crédit photo : Alain Lagrave

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Les blocs de granite sont autant de petites taches gris-blanc, qui vues de près, ressemblent à d’énormes oeufs d’autruche fossilisés, qui viennent nous rappeler que, finalement nous ne sommes que des petites fourmis qui ne font que passer… Difficile d’évaluer les échelles, reste une sensation persistante d’infinie pureté, d’éternité. Ici en automne, derrière l’arbre (un hêtre sans doute), le Bougès et les vallées cévenoles se perdent dans le lointain…

 

 

 

Catégories: Balades, Causse Méjean, Cévennes, Gorges du Tarn, Mont-Aigoual, Mont-Lozère, Nos plus beaux coins | Laisser un commentaire

Le sentier de la Flandonenque

Chêne et schiste

Chêne et schiste

Voici une ballade de 9km dans la belle vallée de la Flandonenque, près de Saint-Germain de Calberte, au beau milieu des Cévennes. Vous y découvrirez un décor caractéristique de cette région, châtaigners sauvages ou entretenus, chênes verts, gigantesques pins distillant un parfum de méditerannée, et du schiste sauvage ou « domestique », utilisé pour la fabrication des maisons. L’oeil attentif pourra discerner un bon nombre de ruines prisonnières des « bartas », vestiges d’une activité humaine intense, et les jambes vous feront traverser quatre hameaux habités…

Par exemple, La Fare, bloc de maisons anciennes perché sur une petite crête, se traverse dans l’intimité de murets, apportant la fraîcheur bienvenue de la pierre.

La Fare

La Fare

C’est dans ces maisons que la brigade Montaigne se cacha pendant quelques jours, pendant la guerre de 39-45. Ces Résistants de nationalités diverses, incluant même dans leur rang des allemands anti-fascistes, échappèrent de peu à l’arrestation ou à la mort, car peu de temps après leur départ soudain, les allemands détruisirent le hameau, laissant derrière eux un amas de ruines. Dans les années 90, des travaux de restauration commencèrent et la chaleur du feu de cheminée revint chauffer les pierres…

 A voir aussi, un moulin à eau très bien entretenu, ou cet incroyable canyon creusé par l’un des nombreux gardons rencontrés en chemin :

Le "canyon" près du Vernet.

Le « canyon » près du Vernet.

 Le départ de la rando commence au Cros, à 4km de Saint-Germain-de-Calberte, dans la direction du village-vacances. Pendant le parcours, difficile de se perdre. Les balises sont notées en jaune sur des piquets en bois…

La fiche randonnée sentier flandonnenque sera disponible prochainement dans les Office de Tourisme.

Un mur de lauzes...

Un mur de lauzes…

 

 

Catégories: Balades, Cévennes, Nos plus beaux coins | Laisser un commentaire

Le chemin Urbain V

Avis aux randonneurs de tous horizons, le GR Urbain V : nouveau chemin

urbain5map

 Des hauts plateaux de l’Aubrac à la cité pontificale d’Avignon, le nouveau GR Urbain V traverse des territoires variés et préservés. A l’occasion de la sortie du très attendu topoguide ce 20 juillet, l’Association des amis du bienheureux pape Urbain V organise un apéritif d’acceuil, ouvert à tous, à 12 h, dans ses locaux à Mende.

« Balisé, homologué et inauguré entre mai et juillet 2014, ce nouveau GR, le numéro 670, relie Nasbinals à Avignon. D’une distance de 329 kilomètres, dont 190 en Lozère, il peut être parcouru en une quinzaine de jours. » annonce Robin Connan, jeune lozérien chargé de la valorisation du nouveau chemin de grande randonnée. Aubrac, Causse de Mende, Mont Lozère, vallées cévenoles, pont du Gard, mais aussi près de chez nous le Pont de Quézac :

crédit photo : Alain Lagrave

Le Pont de Quézac (crédit photo : Alain Lagrave)

Une succession de paysages grandioses s’offrira au marcheur… Il sera ainsi convié à suivre les traces du pape Urbain V, en traversant pour commencer Le Monastier, village lozérien où il fut ordonné prêtre, Grizac où il naquit, ou Avignon, ville où il devint pape en 1362.

Le topoguide sera disponible dans les librairies, offices de tourisme et tous les point de vente partenaires de la Fédération Française de Randonnée : 96 pages d’informations précieuses pour qui souhaite en savoir plus sur la faune et la flore rencontrée, les endroits où dormir, où se restaurer avant de reprendre la route… Le livret contiendra aussi des informations historiques permettant de découvrir un peu mieux qui était Guillaume de Grimoard, dit « Le Bienheureux »…

L’itinéraire du chemin Urbain V ici ! Continuer la lecture »

Catégories: Nouveau | Laisser un commentaire

Histoire de Saint Laurent de Trèves

par Rémi Noël

Saint Laurent de Trèves (« Trévidon » à l’époque gallo-romaine), est un antique site fortifié sur l’ancienne voie de Nîmes à St Flour.

 image1

Vue de l’antique « Trévidon » depuis le rocher de « La quille » (Erosion éolienne)

 

La préhistoire

Il y a 5 000 ans, les hommes s’installent ici près des sources dans des campements fortifiés. C’est l’époque des «caps barrés», comme le site du «Castellas» occupé aujourd’hui par le village. Tumuli et pierres à cupules témoignent aussi de cette présence à la fin du néolithique et au début de l’âge du cuivre.

image2

image3Le rocher des Conques (Can de Ferrières)

 

 L’époque gallo-romaine

image4Cippe gallo-romaine dédiée au dieu Tritullo (1er siècle après J.C.)

Les Gaulois y installent un oppidum nommé «Trevidunum», le dunum (place forte) des trois vallées (Tarn, Tarnon, Mimente).

Ils y vénèrent Tritullo, un dieu guerrier celte, connu grâce à un autel du 1er siècle  trouvé ici en 1802. Son nom est d’origine celte «tris» (trois) et «tullo» (perçant, perforé), signifiant «perforant trois fois».

Ils y exploitent aussi de petits gisements de fer, métal stratégique, qui feront alors la fortune de ses habitants. La toponymie locale en garde la trace dans la dénomination de ses hameaux (« Ferrières », « Ferreyrettes »)

 

 

Tonnance Ferréol, le vainqueur d’Attila

Ce grand homme oublié fut le dernier préfet des Gaules de 450 à 453. Il sauva la France des Huns en 451, commandés par Attila, en convaincant les peuples d’Occident de le combattre ensemble. Il avait une résidence ici à Trévidon où il se retira en 470, jusqu’à sa mort en 486. Son ami Sidoine Apollinaire, évêque de Clermont Ferrand en témoigne :

«Tu te rendras à Trévidon, où tu verras Ferréolus, le bienfaiteur et le tuteur des Gaules. Tu y apercevras le mont Lozère, plus élevé que le Caucase des Scythes et le Tarn rapide, qui nourrit dans ses eaux limpides un excellent poisson. Mais évite cette montagne dont la cime est battue par d’éternelles tempêtes.»

Le Moyen Age

Il est essentiellement marqué par la famille de Taulignan, seigneurs de Barre et St Laurent. Leurs armes sont intéressantes : le bélier, au centre du blason, peut rappeler l’importance de l’élevage et de la transhumance ovine dès cette époque.

image5

«Blason en 4 parties avec en coins, une croix d’or entourée de billettes d’or, sur fond  noir (armes de la famille de Taulignan), et deux traits rouges sur fond d’argent (armes des seigneurs de Barre des Cévennes, apparentés aux Blégiers comme le signale le Bélier).

Au centre sur fond bleu, un bélier d’argent à cornes et sabots d’or, avec une étoile d’or au dessus de la tête»

 

Un important château pouvant abriter une centaine de cavaliers est alors construit sur ce site stratégique entre Languedoc et Auvergne.  Le XVème siècle est marqué par la présence d’un grand seigneur, Louis de Taulignan, déjà présent tout jeune au sacre Charles VII à Reims aux côtés de Jeanne d’Arc.

Homme de confiance du roi, il devient son Chambellan en 1445 (responsable du Trésor, des Archives et de la Garde robe royale). Localement, il est chargé de collecter les impôts royaux dans le Gévaudan.

A l’avènement de Louis XI, en 1461,il se fâche avec le roi, se retranche dans ses terres, frappe sa propre monnaie d’or et d’argent à Saint Laurent de Trèves, ce qui provoque la colère royale…. Il se réconciliera avec lui plus tard et décèdera en 1471, après avoir pris le soin de prévoir 5000 messes pour le repos de son âme….

 

La Réforme

Les Taulignan adoptent dès le milieu du 16ème siècle les idées réformatrices de Calvin. Ils transforment en temple l’église de St Laurent en 1563, puis obtiennent en 1568 un pasteur en résidence permanente Jehan Fornier. Ce dernier, premier pasteur en Hautes Cévennes, occupe en 1568 la ferme du col du Rey. Son successeur en 1581, Jean de Ulmo choisit pour résidence le moulin de Grattegals.

La Réforme rayonnera alors en Cévennes à partir de Saint Laurent de Trèves.

Les guerres de religions faisaient alors rage en France. En 1580, le château de St Laurent fut assiégé par les catholiques, mais résista. La paix ne revint qu’en 1598 avec l’Édit de Nantes de Henri IV.

Á sa mort, les troubles reprendront, et la fronde protestante ne prit fin qu’à la paix d’Alès en 1629, où Richelieu imposa le démantèlement des principales places fortes protestantes, dont le château de St Laurent de Trèves en 1633. Il comportait notamment deux grosses tours dont les murailles mesuraient 3,50 m d’épaisseur à la base, et un joli corps de logis de style renaissance.

 

La guerre des Camisards (1702 – 1704)

Le dimanche 23 juillet 1702, à la foire de Barre des Cévennes, des Cévenols exaspérés par les persécutions religieuses décident de délivrer des coreligionnaires emprisonnés par l’Abbé du Chaila au Pont de Montvert.

image6L’Abbé du Chaila

 

 

C’est à la maison Atger du Bosc à Saint Laurent de Trèves où « les premiers attroupés » conspirent et arrêtent les détails de l’opération.

 

 image7  image8

Maison « Atger » au Bosc

 

Ils se retrouveront le lendemain aux Trois Fayards dans le Bougès avec d’autres familles alertées, pour aller au Pont de Montvert et obtenir la libération de leurs prisonniers. Ces événements tragiques aboutiront à l’exécution par les insurgés de l’abbé du Chaila, ce qui entraîna ensuite la Guerre des Camisards.

 A cette époque, la plupart des habitants de Saint Laurent de Trèves sont qualifiés par les autorités catholiques «d’attroupés très dangereux et fanatiques » ;  avec quelques raisons d’ailleurs, puisqu’en 1702, deux célèbres chefs camisards, Abraham Mazel et Gédéon Laporte chassent le curé, brûlent son presbytère et ravagent l’église….

 En représailles, Saint Laurent de Trèves n’échappera pas au « brûlement des Cévennes » ordonné par l’intendant Basville, fin 1703.

Toutes ces guerres de religion ruinèrent la commune, qui ne se relèvera qu’au XIXème siècle suivant, l’inauguration du nouveau temple protestant en 1903 étant le symbole.

image9Temple de Saint Laurent de Trèves

 

 

 

L’époque contemporaine

Saignée à blanc par la Grande guerre et la crise économique qui frappent les Cévennes au début du 20ème siècle, la commune perdra plus de la moitié de sa population.

image10

Empreinte de « Grallator minusculus » au Castellas du bourg de St Laurent

Dans les années 1970, la création du Parc national des Cévennes, le développement du tourisme, et l’arrivée de nouvelles populations « les néo-ruraux », donneront un nouveau souffle à Saint Laurent de Trèves, qui verra valorisé son site géologique des empreintes de dinosaures, et son ancienne église restaurée pour les besoins d’un spectacle audiovisuel sur ce thème.

 image11Ancienne église de Saint Laurent de Trèves

 

La commune est signataire de la Charte du Parc national des Cévennes. Elle est aussi inscrite au Patrimoine mondial de l’humanité au titre de ses paysages agro-pastoraux méditerranéens protégés par l’Unesco.

image12

 

A NE PAS MANQUER :

 Sites patrimoniaux de Saint Laurent :

–       Empreintes de dinosaures du Castellas (accès libre)

–       Empreintes de dinosaures du Mazel

–       Ancienne église romane (salle d’exposition)

–       Le lavoir médiéval

–       Moulin traditionnel de Grattegals

–       Le rocher des Conques (Pierre à cupules de la Can de Ferrières)

–       Le hameau cévenol du Bosc (Maison Atger, camisard connu sous le nom de La Valette)

–       Les « Montjoies » de la Can de Ferrières

–       Baignades du Tarnon

–       Au col du Rey, départ du sentier VTT

Grande randonnée

–       GR 43 au col du Rey, rejoignant le GR 7 et l’Aigoual

–       Piste équestre des 160 km de Florac permettant de découvrir la variété des paysages du Parc national

Texte et photos : Rémi Noël

 

Catégories: Balades, Cévennes, Nos plus beaux coins | 3 Commentaires

Gorges du Tarn : le Belvédère du Pas de Soucy

gorges du tarnA cet endroit un chaos gigantesque barre le Tarn et s’offre au regard depuis un promontoire aménagé sur Roche sourde, en surplomb de ce labyrinthe chaotique issu d’un effondrement des falaises environnantes.

Le Tarn disparaît sous les blocs  et réapparaît assagi en vue du village des Vignes. Loin de se perdre, la rivière ressort revigorée car 3 fontaines la rejoignent au défilé. Sur le versant du Méjean la roche rouge porte encore les traces du fracas des roches.

Seule l’eau bouillonnante franchit ce pas mystérieux. Lors des crues (pouvant atteindre 14 m) il n’est pas rare que la rivière recouvre l’ensemble du chaos.

Cette curiosité a suscité l’imaginaire des hommes et deux légendes en sont nées :
La plus connue rapporte le combat entre le diable (le Drac) et sainte Énimie. Avec l’aide de Dieu, sainte Énimie envoie sur le diable tous les rochers de la falaise. Croyant le Drac vaincu, la sainte stoppe les autres rochers dans leur course : Roc Aiguille reste figé à mi-pente se penchant au-dessus de la rivière. Le diable s’enfuit par le Tarn et rejoint l’enfer.
À une autre époque, Gargantua, en excursion dans les Gorges du Tarn, se trouvant trop à l’étroit à Sainte-Énimie et ne sachant pas où poser ses pieds, décide de continuer sa balade par le Causse de Sauveterre. Mais à trop admirer les paysages, la nuit le surprend à Saint-Rome de Dolan. Affamé, loin de toute auberge, il décide de pêcher. Décrochant une étoile pour éclairer la vallée, au Pas de Soucy, un genou sur chaque rebord de causse, il agrippe les rochers et fouille dans la rivière. Il s’y prend mal, fait trembler la montagne et provoque un éboulement : le chaos du Pas de Soucy.
Pour plus d’infos cliquez ici !
Catégories: Gorges du Tarn, Nos plus beaux coins | Laisser un commentaire