Balade Patrimoine du village de Saint Etienne Vallée Française

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Occupé depuis au moins le néolithique, puis enclave Franque au VIème siècle, le village doit son nom à cette dernière période historique. Saint Etienne n’a pas bénéficié de remparts, ce sont les maisons accolées en cercles concentriques autour de l’église qui en faisaient office. Pierre grise ou rousse du pays, le schiste des murs est égayé par la présence de gros quartz blancs. Pour les toitures, l’usage fréquent de la tuile romane se mêle harmonieusement à celui de la lauze.

Quelques monuments remarquables :

Le château de Cambiaire

Du château d’origine ne subsistent que le donjon, les trois tours d’angle et une partie du rez-de-chaussée. En effet, l’ensemble a été restauré dans la seconde moitié du XIXe siècle dans le style néo-médiéval en faveur à l’époque : terrasse sommitale du donjon crénelée et adjonction d’une petite tourelle couverte d’un toit en poivrière, construction d’une chapelle… Incendié par les allemands en avril 1944, en représailles d’un attentat contre leurs troupes, la reconstruction de ses toitures prive deux de ses tours de façade de leur toit en poivrière. Le parc planté de châtaigniers et de cèdres l’entoure. Cette grande bâtisse est aujourd’hui reconvertie en structure touristique.

le château de Cambiaire

le château de Cambiaire

– Le Temple

Le village est doté d’un temple avant 1610. La guerre des Camisards qui va embraser les Cévennes du 24 juillet 1702
jusqu’en 1704, n’épargnera pas le Temple. Celui-ci sera détruit dès la révocation de l’Edit de Nantes comme tous ceux du Royaume à l’exception de celui du Collet de Dèze. Du temple originel ne subsiste qu’un pan de mur, que l’on peut apercevoir face à l’internat du collège. Il fallut attendre le 23 février 1836, pour qu’un projet de reconstruction soit adopté. Comme tout édifice consacré au Culte Réformé, il est extrêmement sobre dans sa conception, il y a lieu cependant de signaler les belles colonnes qui supportent les tribunes.

Le temple

Le temple

– L’église

La construction de l’église s’est faite par à-coups successifs au fil des siècles. Il ne reste que peu de chose de la chapelle primitive construite IXe siècle ou Xe siècle : l’arc d’entrée situé à droite du proche actuel. Agrandie et dotée d’un clocher aux XIVe siècle et
XVe siècle, elle ne connaitra sa forme définitive qu’en 1686.

le clocher de l'église

le clocher de l’église

– Cap de ville

Les ruelles datent du XVe siècle, elles sont caladées parfois en pas d’ânes ou taillées dans le rocher de même que l’assise des maisons. N’hésitez pas à vous perdre dans le dédale de ces ruelles, ou vous trouverez des encadrements de porte remarquables, des rez de chaussée taillés dans le rocher, de saignées d’évacuation taillées dans le roc…

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Pourquoi «vallée française» ?
L’origine du nom de Vallée Française a donné lieu a bien des interprétations. Pour certains, il s’agirait d’une Vallée Franche ou déchargée d’impôts. Pour d’autres, cette vallée aurait été occupée par les Francs au moment des invasions sarrasines. Les historiens contemporains s’accordent pour penser que l’origine de ce nom viendrait du fait que cette vallée était une avancée Franque dans la Septimanie wisigothique (entre le Vème et le VIIIème siècle).

Balade autour de Saint Étienne Vallée Française.

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Col de Finiels, sentier des pelouses du Mont Lozère

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Le col de Finiels offre une vue imprenable sur le Mont Lozère. Il est situé sur la D20, qui relie le Pont-de-Montvert au Bleymard dans la haute vallée du Lot. Le sommet de Finiels, à proximité, culmine sur le massif à 1 699 m. Il est accessible à pied depuis le parking. Une fiche guide existe et permet de se balader sur le sentier d’interprétation « La pelouse du Mont Lozère » disponible à l’Ecomusée du Pont de Montvert et dans les Offices de Tourisme de la zone.
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Découverte du patrimoine Unesco : Le Lozère, haut lieu de la transhumance.
Les pelouses d’altitude se situent entre 1300 et 1700 mètres. Ce sont de grands espaces ouverts à la végétation basse, composés de buissons ou de graminées ainsi que de nombreuses tourbières. La rudesse du climat, la pauvreté des sols et la présence de grands troupeaux en transhumance maintiennent ce type de paysage.
A partir du col, on aperçoit également des bornes. Autrefois limites des possessions hospitalières, ces gros blocs de pierre taillée sont gravés de la croix à huit pointes, symbole de l’Ordre.

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Découverte du village de Barre des Cévennes

 Surplombant la Vallée Française, Barre-des-Cévennes occupe une position géographique privilégiée entre versant méditerranéen et atlantique. C’est également un village resté typique avec sa configuration de « village-rue » organisé le long de la Grand Rue où se dressent de hautes demeures bourgeoises. Le « Castelas », causse miniature qui domine le bourg, est traversé par la ligne de partage des eaux. C’est aussi une zone de contact entre le schiste -Cévennes- et le calcaire -Causses.
          Riche d’un passé basé sur les échanges, Barre, chef lieu de canton, était connu pour ses nombreuses et réputées foires. Barre était le siège de l’une des douze seigneuries gentilhommières du Gévaudan, donnant droit d’entrée aux États particuliers du Gévaudan. Le château du seigneur de Barre était situé sur le promontoire au-dessus du village. Un sentier balisé par le Parc national des Cévennes permet de suivre un parcours avec une fiche-guide, qu’il est possible de consulter ici.

– Commerces de proximité: les commerces – café, boulangerie, épicerie – ouverts à l’année.
– Tournée régulière de 2 bouchers et du poissonnier.

A savoir

Découverte du patrimoine Unesco : Barre des Cévennes, la cité des foires.
Lieu privilégié des échanges et du commerce des produits de l’agropastoralisme, les places de foire des villages et des hameaux avaient un véritable rôle social, économique et culturel dans la vie des populations. Barre des Cévennes accueillait autrefois jusqu’à quinze foires par an, sur des places et des thèmes différents : Foires aux moutons, aux boeufs, aux porcs, loue des bergers…

Barre des Cevennes

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Les menhirs du mont Lozère : Au pays des mégapierres

On l’appelle la cham des Bondons… Du vent, peu de végétation. Les reliefs sont comme des esquisses ; une ligne par ci, une courbe par là. Presque rien… Un mystérieux décor zen, un peu austère… Parait que certaines montagnes ici s’appellent des « puechs » ou des « trucs », comme si le premier humain à les avoir nommées n’avait pas envie trop de causer à ce moment là.

Crêtes Les Bondons

Puech des Bondons

 

Puis soudain l’œil se pose sur une pierre un peu plus grosse que les autres et de forme bizarre…

Monsieur menhir

 

Puis une autre, puis plus loin encore une autre. De gros blocs éparpillés sur la montagne… Mais à quoi servent toutes ces mégapierres ?

En fait, ces grands cailloux tendus vers le ciel me font supposer qu’à l’époque où il pleuvait tout le temps, les Anciens vivaient dans des grottes en dessous où ils s’ennuyaient pas mal, que faute d’électricité ils avaient la TV branchée dans leur tête et que chacun avait son antenne en pierre pour capter toutes sortes d’émissions cosmiques (oubliez la TNT et sa dizaine de chaînes !). Et c’est parce que Noé n’avait pas la télé qu’il décida de se faire un grand film, une superproduction avec une grande barque et plein d’animaux… (Les moutons nous signalent : « revenons à nos mégapierres… »).

Rien n’est certain… Ne serait-ce pas plutôt Obélix qui, en voyage « de santé » en Lozère (en fait en pleine chasse au sanglier), aurait aperçu une armée de romains s’approcher, du côté du causse de Sauveterre… Saisissant quelques pierres de granite avec l’agilité d’un gamin ramassant des petits cailloux, notre bon gaulois, sacrément irrité d’être perturbé dans sa chasse, en aurait balancé une centaine, terrassant l’ennemi en 23 minutes et 30 secondes, battant ainsi son record breton (25 minutes et 34 secondes à Carnac lors d’un tir groupé).

Avril pousse

N’est pas Obélix qui veut !

Ou alors, si on revient à l’époque où il pleuvait tout le temps, peut être que Gargantua était en fait plusieurs… Et que tous ces géants, après avoir tenté de décrotter leurs bottes, tentative qui se solda par un échec mais qui au moins forgea la légende des Puechs, se seraient embourbés dans la montagne qui était de toute manière toujours une grande masse boueuse, qu’ensuite la boue aurait séché, les retenant prisonniers pendant des millénaires laissant à l’air libre seulement des bouts de doigts et d’orteils…

Orteil de géant

L’index gauche de Gargantua numéro 7

On parle aussi de femmes perdues dans la tourmente qui se seraient finalement changées en pierre, car c’était l’unique moyen de résister au froid…

Malou pierre

On peut penser que dès qu’on leur tourne le dos, les pierres reprennent vie et se moquent bien de nous !

Menhir quadripode

On sait bien qu’un dolmen était une tombe, mais à quoi servait un menhir ? Seul lui le sait…

Et l’éléphant a la mémoire courte face à lui… Seulement, le granite est beaucoup moins bavard. Il faut prendre le temps si on veut l’entendre, car une année humaine n’est pour lui pas plus importante qu’une goutte de pluie. Il a tellement de milliers d’années qu’il a arrêté de les compter.

Collez votre oreille sur la pierre et patience… S’il vous sent attentif, le menhir vous racontera peut-être une nouvelle histoire…

Julie écoute

 

Camille écoute

Georges du Tarn

Merci beaucoup à Céline, Malou, Camille, Julie et Avril !!

 

 

Pour une préparer votre randonnée au pays des mégapierres, l’Office de Tourisme vous propose deux fiches :

–          « Balade au pays des menhirs » (édité par le Parc National des Cévennes) : boucle facile de 5 km en partie ombragée. Idéal en famille. Départ au parking le long de la D35, près du col de Montmirat. Jetez un coupe d’œil!

 

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Le château de Miral

par Rémi Quéron

Miral, vue du Tarn

Miral vu du Tarn

De son petit promontoire de granite, le château de Miral (« lieu d’où l’on regarde », poste de guet) domine la haute vallée du Tarn depuis 800 ans. Cet ancien fief catholique, qu’il n’est plus possible de visiter pour le moment, possède dans son enceinte plusieurs bâtiments anciens remarquables, dont une chapelle, diverses peintures du Moyen-Age, dont un plafond aux motifs denses et variés… Avec l’aide de M. Fautrelle, l’actuel propriétaire, nous nous sommes plongés dans l’histoire du château…

   1 – Les premiers seigneurs

 La date de construction du château est incertaine ; Miral est mentionné dans les textes pour la première fois en 1258. Au départ il n’y avait que le donjon. Celui-ci appartient alors au seigneur Pierre de Chabrières, seigneur de trois châteaux (Chabrières, où il vit, Montaut et Miral).

 En 1350, Pérégrine de Chabrières épouse Guyot de Malbosc, qui vit alors dans le château du petit village du même nom. Elle meurt en 1374, léguant à son mari tous ses biens dont le château de Miral.

Du XIVeme au XVIIIeme siècle, le château sera la propriété des Malbosc de Miral. Ils vivront au château jusqu’à la Révolution, c’est-à-dire pendant près de 400 ans.

 

   2- La Guerre de 100 Ans (XIV-XVeme siècle)

Le "corps de garde", réminiscence du Moyen-Âge à l'entrée du château. Sculpture de Jean-Pierre Augier

Le « corps de garde », réminiscence du Moyen-Âge à l’entrée du château. Sculpture de Jean-Pierre Augier

A l’origine, le château était constitué uniquement d’un donjon, qui commandait et défendait la haute vallée du Tarn, du Pont de Montvert à Florac. Ce donjon était aussi une défense avancée du château de Chabrières, situé plus en hauteur, non loin. C’était la fameuse « Guerre de 100 Ans ». Pour une protection plus efficace contre l’ennemi (les Anglais et les « routiers »), des remparts furent construits. On trouve la trace d’un accord entre Guyot de Malbosc, le seigneur, et les habitants : tant que les attaques persistaient, les habitants pouvaient se réfugier dans l’enceinte du château, à condition qu’ils le défendent.

A cette époque disparaissent les traces des châteaux de Malbosc, Montaut et Chabrières ; on peut supposer qu’ils ont été abandonnés en raison de leur grande difficulté d’accès. Les châteaux pouvaient servir de carrière de pierre pour d’autres constructions, ce qui explique la difficulté de retrouver des traces  de leur existence.

La cour du château, avec l'entrée principale.

La cour du château, avec l’entrée principale.

La cour du château : fenêtre à meneaux datant de la Renaissance

La cour du château : fenêtre à meneaux datant de la Renaissance

 

Les Mines

 Autour de Cocurès sont situées treize mines, des mines d’argent ou de plomb. On parle même d’une petite mine d’or…  Un autre porte le nom peu engageant de « mine des veuves », ce qui suggère le danger auquel s’exposaient les travailleurs… Parmi les mines les plus importantes, on peut citer les mines de Rampon (plomb argentifère), qui furent en activité jusqu’aux années 60, et la mine de « Combe Première », dont la propriété et les bénéfices furent partagés à égalité, à partir de 1618, entre le baron de Florac, et le seigneur de Miral Antoine de Malbosc.

Ouvertes dans l’Antiquité, les mines de Combe ont été utilisées au Moyen-Age pour l’exploitation du plomb et de l’argent. Toute l’exploitation se faisait à ciel ouvert car on craignait les esprits infernaux du sous-sol… Le filon se trouvait dans une sorte de faille au nord-ouest de Cocurès, non loin du hameau de Bourlande.

 

3- Prélude à la guerre des Camisards (XVII – XVIIIeme siecle)

Portrait de l'abbé Du Chayla

Portrait de l’abbé Du Chayla

Miral a toujours été un fief catholique. Le seigneur était ami avec l’abbé du Chayla, qui avait été nommé pour ramener les protestants à la religion catholique en Cévennes, après la Révocation de l’Edit de Nantes. En septembre 1698, Du Chayla a rendez-vous à Miral avec le vicaire général M. de la Roche Aymon, envoyé par l’évêque de Mende. Cette entrevue a pour but de maintenir Du Chayla sous contrôle, l’évêque voyant l’autorité de l’abbé d’un mauvais oeil. A  cette occasion, l’abbé avait demandé au seigneur un repas fastueux et très onéreux. On a retrouvé le menu :

 

Mr de la Roche Aymon + son valet

Mr l’abbé du Chayla + son valet

———

    Douze livres de veau venant de Mende

     Cinq paires de perdreaux

  Six livres de beurre

Trois livres de sucre

  Six livres de lard

  Un dindonneau

  Un quartier de mouton

3 pintes de vin

———-

Total dépense : 20 livres

Extrait du livre de raison de l’abbé Jean-Louis de Malbosc-Miral, doyen de Quézac.

 

L’assassinat de l’abbé du Chayla au Pont de Montvert en 1702 déclencha la « guerre des Camisards ».

Bibliographie :

Un article très clair sur ces événements —> cliquez ici

Pour aller plus loin : POUJOL Robert, L’abbé du Chayla, Presses du Languedoc, Montpellier, 2001.

 

En haut des marches, le pied, en tournant vers la droite, a creusé de siècles en siècles la pierre de granite.

En haut des marches, le pied, en tournant vers la droite, a creusé de siècles en siècles la pierre de granite.

 

Sur l’un des piliers de la cour, de nombreux couteaux ont été aiguisés…

Sur l’un des piliers de la cour, de nombreux couteaux ont été aiguisés…

 

4 – La Révolution Française

 Au début du XVIIIe siècle, c’est une nièce du seigneur qui hérite du château : Thérèse de Malbosc-Miral. Elle épouse un seigneur très puissant, Jean-Antoine Hercule de Borne d’Altier, et s’en va vivre avec lui au château du Champ, au nord du mont Lozère, près du village d’Altier. En partant, elle emporte toutes ses archives, qui seront retrouvées dans les années 60. Après avoir nommé un régisseur chargé de faire valoir le domaine en Lozère, la famille va s’installer à Paris.

Jean-Antoine et Thérèse auront deux fils. En 1794, leur fils Charles, ainsi que leur petit fils, sont pris par les Révolutionnaires, guillotinés place du Trône (appelée pour l’occasion « Place du Trône Renversé »), et jetés dans la fosse commune. Cette place porte à présent le nom de Place de la Nation et la fosse commune est devenue le cimetière de Picpus.

Plus de 1300 personnes ont été exécutées entre le 13 juin et le 27 juillet 1794 place du Trône « renversé » à Paris.

Plus de 1300 personnes ont été exécutées entre le 13 juin et le 27 juillet 1794 place du Trône « renversé » à Paris.

 

5- De la Révolution à nos jours.

Les biens de la famille deviennent vacants. En 1796, Miral est vendu aux enchères, et les années suivantes il passe entre plusieurs mains. Vers 1808, le fils Borne d’Altier, le frère de Charles, meurt à son tour. Avec lui s’éteint la lignée Miral / Borne d’Altier.

Le blason des Malbosc de Miral : chèvre d’or « rampante » sur fond de gueule / Trois chevrons d’argent sur fond d’azur.

Le blason des Malbosc de Miral : chèvre d’or « rampante » sur fond de gueule / Trois chevrons d’argent sur fond d’azur.

En 1812, Miral est racheté par le notaire impérial des Bondons, M. Fayet. Il a une fille, Marianne, qui se marie avec Jean-François Jourdan. Mme Fautrelle, née Jourdan, descend de cette famille. Elle et son mari sont les actuels propriétaires et vivent au château.

 Miral a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1984, et les restaurations se poursuivent depuis 35 ans

Plan détaillé du château (cliquer sur l’image pour agrandir) :

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La chouette en terre cuite de Mme Fautrelle surveille l'accès au Tarn...

La chouette en terre cuite de Mme Fautrelle surveille l’accès au Tarn…

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