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Sainte Enimie, l’histoire légendaire des Gorges du Tarn

Posted by on 6 juin 2017

Vous désirez allier authenticité et sensations? Le village médiéval de Sainte Enimie, situé dans les Gorges du Tarn entre le Causse Méjean et le Causse de Sauveterre, nous offre un moment d’exception grâce à ses petites ruelles pavées et ses jolies terrasses ensoleillées bordant la rivière du Tarn. Classé parmi plus beau village de France, fier de son histoire, ce petit village propose de multiples activités nautiques et sportives et propose un programme d’animations varié pour le plus grand plaisir de ses habitants, et de ses visiteurs!

Étape indispensable lors de votre prochain séjour en Lozère, nous allons vous dévoiler la légendaire histoire de « notre belle Sainte Enimie » et vous ferons découvrir les moindres recoins de ce village pittoresque.

La légendaire histoire de Sainte Enimie.

Bien qu’habité depuis les premiers hommes, le village doit son nom d’aujourd’hui à une princesse de sang royal, fille de Clotaire II et sœur de Dagobert 1er, nommée Enimie. C’est à la fin du VIème siècle, qu’est née l’incroyable histoire de Princesse Enimie.

Notre Princesse Enimie était dotée d’une beauté exceptionnelle et brillait par l’éclat de ses vertus, ce qui attirait de multiples prétendants. Ayant voué sa vie à Dieu, celle-ci les repoussait les uns après les autres, au grand désespoir de son père qui désirait offrir sa main à un riche Baron du royaume. Ne pouvant convaincre ses parents, elle sollicita les faveurs de Dieu afin de perdre sa beauté. Sa prière fut alors exaucée. Son charme exceptionnel laissa alors place à une affreuse lèpre qui souilla le corps de la jeune princesse. Anéantie de chagrin, le Roi consulta les plus grands médecins, mais aucun ne furent dans la capacité de trouver un remède contre ce mal divin. Pendant des longs mois de souffrances, la jeune Princesse implora le ciel et c’est alors qu’un ange lui apparut. Celui-ci lui ordonna d’aller se baigner en Gévaudan dans la fontaine de Burle. Instruit de la miraculeuse vision de sa fille, le Roi lui fit préparer une escorte digne de son rang, et après de longues chevauchées et de nombreuses péripéties, la Princesse arriva en bordure du Causse de Sauveterre. Des bergers la guidèrent jusqu’à la source, Enimie se baigna et son mal mystérieux disparut.

Satisfaite de son miracle, la troupe reprit le chemin du retour, mais à peine est-elle arrivée à la couronne du Causse, que la maladie de la belle Princesse réapparut. C’est alors qu’à maintes reprises, Enimie revint se baigner, mais plus elle avançait dans son retour, plus la maladie empirait. C’est alors qu’Enimie comprit que Dieu l’appelait en ce lieu miraculeux, au cœur des gorges sauvages et païennes. Une partie de la troupe l’accompagna, et une autre partit informer le Roi des volontés divines faites à sa fille. Ainsi, installée à Burlatis (ancien nom du village au Moyen-Age évoquant la source), la Princesse décida d’évangéliser la région. On dit alors qu’Enimie entrât en conflit avec le diable et qu’elle le poursuivit jusqu’aux fameux Pas de Soucy avec l’aide de l’Évêque Saint Ilère, où grâce à son appel, le diable fut écrasé sous d’énormes blocs de pierre qui se détachèrent de la montagne. Par la suite, et avec l’aide de son père le Roi, Enimie fonda un couvent de religieuses qu’elle nomma Abbesse. De plus, elle créa le monastère, que l’on peu encore apercevoir aujourd’hui en haut du village (collège de Sainte Enimie, ouvert juillet-août pour des visites), où elle y installa des moines.

La Princesse Enimie se retira ensuite dans une grotte où elle vécut en ermite, d’où vient le nom d’ermitage donné à la chapelle qui domine le village. Sentant ses dernières heures arriver, le Roi  dicta ses dernière volontés à ses filles, qui étaient de placer son cercueil au-dessous de celui de sa filleule qui portait également le nom de Enimie.

Sainte Enimie, un voyage à travers le temps.

Notre découverte du village de Sainte Enimie débute par son église Notre Dame du Gourg. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1985, cet édifice fut édifié à la fin XIIIe siècle, voir même au début XIVe. On peut reconnaître par son architecture dépouillé, le style roman tardif. « Gourg »signifiant « tourbillon d’eau », fait ici référence à la source de Burle dite miraculeuse, si l’on en croit la légende! Nous apercevons alors le portail roman de l’église à deux voussures (courbure du profil d’une voute), qui autrefois permettait d’accéder au cimetière qui se trouvait sur la place de l’église. Le cimetière fut déplacé sur l’autre rive du Tarn au moment des travaux de la route de Mende et du réseau d’eau potable (1934).

Rentrons à l’intérieur! Son architecture nous présente une nef primitive de trois travées régulières, voûtées en berceau plein centre. Nous comptons alors 5 chapelles, dont deux qui ont été rajoutées successivement. Le clocher de l’église fut ré-haussé deux fois, afin de permettre à l’ensemble des habitants du village, d’entendre l’appel des cloches. Nous découvrons le patrimoine mobilier remarquable, classé le plus souvent aux Monuments Historiques, et qui a miraculeusement échappé aux carnages de la Révolution Française.

Nous empruntons ensuite la rue « del Sèrre », voie principale qui nous permet d’accéder aux hauteurs du village. Nous apercevons le monument aux morts, mais également une petite placette offrant en son centre un fût de colonne et un chapiteau à feuilles d’acanthes datant du XIIe siècle et qui témoignerait de la splendeur des éléments lapidaires de l’ancienne Abbaye. En sillonnant cette ruelle, nous pouvons voir certaines pierres tombales de l’ancien cimetière communal entreposées dans des niches, ainsi que l’ouverture de style gothique sur la face nord de l’église. Sur notre gauche se dresse une statue représentant un homme en tunique et pourpoint, appelé Saint Ferréol ou Saint Symphorien. Cependant, son livre ouvert (signe de l’Apocalypse) nous laisserai à penser à une représentation de Saint Jean.

Nous continuons notre chemin pour arriver sur la Place du Presbytère. Réservée exclusivement aux paysannes lors des jours de marché, elles y négociaient leur production notamment le beurre de brebis. Nous observons alors une belle demeure datant de l’époque médiévale, à double encorbellement. Sa structuration permettait à l’époque de gagner de l’espace sur sol, mais aussi de diminuer les impôts au sol. Sur notre droite, nous pouvons voir que la ruelle descend jusqu’à la place des Oules (mot occitan signifiant marmites ou poteries), qui avait pour fonction d’accueillir les potiers, et plus tard le boucher qui utilisait cette place pour tuer le cochon.

Nous traversons la halle au blé, là où on effectuait les négociations pour les céréales et les produits des causses et des vallées. La mesure à grains, en pierre, était située autrefois au centre de la place. On peut encore apercevoir le gond de l’ancien clapet de fermeture et les crochets qui servaient à retenir le sac de récupération. Dans l’angle de la place, nous distinguons également une très belle demeure faite en tuf, aujourd’hui rénovée. Nous nous dirigeons ensuite vers les « Faïsses ». Ces terrasses de terre légèrement penchées permettaient de capter au mieux les rayons du soleil. Soutenues par des murets de pierres sèches, on y cultivait des légumes, la vigne et des arbres fruitiers tels que l’amandier ou encore le noyer. Cependant, la pénibilité du travail, l’exode rural, et l’impossibilité de mécanisation sur ces jardins ont eu raison de ces cultures au sein des Gorges du Tarn.

Notre visite s’oriente vers la rue de la Privadenche. L’origine de son nom reste encore partagée, certains disent qu’elle viendrait de la famille Privat qui occupait cette rue durant le XVIIIe siècle, et d’autres poussent à croire qu’elle a eu une fonction sanitaire d’où sa signification en latin médiéval « privata » qui désignait les lieux d’aisances. On découvre ici, une belle maison datant du Moyen-Age à colombages, dont les poutres ont été noircies. On suppose ici un incendie ou un enfumage dans le but d’éviter les propagations d’épidémies. Vous apercevrez, comme nous, sur la porte trois chardons à feuilles d’acanthes. Cette fleur protégée depuis peu, a pour fonction de baromètre et protège aussi des mauvais esprits. Elle est devenue le symbole de notre pays calcaire. Non loin, nous retrouvons un parfait exemple d’une échoppe (boutique) datant de l’époque médiévale. Ce lieu de fabrique, mais également lieu de vente, possédait un logis à l’étage.

Passant par le Portal Chabrits (une des cinq entrées du village), nous nous arrêtons pour admirer l’ermitage. Ce lieu est destiné à protéger la grotte où la Princesse Enimie aurait vécu et fini sa vie. Il abrite deux chapelles, dont une construite au Xe siècle et une autre au XVe siècle. Il faut savoir que chaque premier dimanche d’octobre, jour présumé de la mort d’Enimie, se déroule un pèlerinage dédié à la Sainte. Ce sentier caillouteux peut devenir l’objet d’une petite balade d’une demie heure. Une fois arrivé en haut, la vue vous offre un magnifique panorama sur le village de Sainte Enimie, les jardins en terrasse, et le canyon des Gorges du Tarn.

Nous passons par la Place du Plo dominée par les restes des fortifications du monastère pour ensuite atteindre la salle capitulaire « Lou refectou » (ouvert en juillet août). Construite au cours du XIIe siècle, cette vaste pièce était autrefois le réfectoire des moines. Elle accueillait également les pèlerins et les voyageurs de passage. On peut encore distinguer sur les murs des décors d’acanthes et des visages humains. Au cours du XIXe siècle, sur la plate-forme du toit, les anciens y apportaient de la terre pour y cultiver l’amandier. Les vestiges de l’Abbaye ont ensuite été classés au titre de Monuments Historiques en 1932. Nous nous dirigeons ensuite vers la Chapelle Sainte Madeleine datant de 1235 et offerte à l’abbaye par le Baron Guillaume de Cénaret. Nous pouvons distinguer son style Roman, extrêmement dépouillé, voir quasi militaire. Autrefois entourée du cimetière conventuel, elle fut transformée en bergerie après la Révolution Française, pour être enfin rachetée et rénovée par la mairie du village en 1956. Dans le prolongement de la chapelle, nous apercevons ce qui fut autrefois le rempart septentrional de l’abbaye, et à l’entrée du collège se lèvent les restes d’une tour de la fortification du monastère.

Notre parcours nous emmène maintenant vers la rue de la Combe. Longeant les remparts de l’Abbaye et le ravin, elle était autrefois appelée en occitan « lou balat ». Il est dit qu’en période de fortes pluies, les femmes y venaient rincer leur linge. La rue fut envahit peu à peu par les habitations le long du rempart, et fut utilisée comme voie de transhumance pour relier le village à la ville de Mende. Nous nous obligeons à faire un petit détour par le début du sentier du Domaine des Boissets qui se trouve à notre droite, pour admirer la vue sur les vestiges de l’Abbaye, l’ermitage et le pont. Nous continuons sur la rue Basse, autrefois rue principale du village qui reliait Florac à Sainte Enimie. Cette rue nous conduit alors vers les attractions touristiques, commerces, restaurants, bars  qui s’offrent à nous, pour une pause bien méritée. C’est de là que nous avons la chance d’observer le pont. Datant du XIXe siècle, il a été maintes et maintes fois reconstruit dû aux crues régulières du Tarn. Autrefois, ce pont fut gardé par une quarantaine d’hommes d’armes afin de surveiller le village. On observe encore sur le promontoire rocheux surplombant l’édifice, sur la rive gauche, la présence de hautes murailles.

Nous terminons notre visite par la fameuse et miraculeuse source de Burle. La vertue de cette eau de source, chargée en sels de cuivre, serait de soigner les maladies de peau des Hommes et des animaux. De nos jours, personne n’a encore trouvé l’origine exacte de la source, mais des spéléologues ont découvert un « aven » quarante cinq mètres en dessous du Tarn. Il faut alors savoir que la clarté du bassin est trompeuse, la profondeur atteint aujourd’hui plus de 7 mètres de profondeur. C’est une des plus importantes résurgences alimentant le Tarn.

 

Pour plus d’informations sur le Village de Sainte Enimie, n’hésitez pas à contacter l’Office de Tourisme !

 

 

 

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