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Florac à travers l’histoire

Posted by on 19 septembre 2015
Nous vous présentons quelques eléments de l’histoire de Florac qui aide à comprendre la ville d’aujourd’hui.
Nous proposons en fin d’article, un parcours de découverte de Florac, plus petite sous préfecture de France et capitale du Parc national des Cévennes  et centre administratif en charge de la gestion du bien classé Unesco.

L’époque gallo-romaine et un certain Florus

Nous connaissons très peu de nos ancêtres gaulois, sinon qu’ils appartenaient à la tribu des GABALES (plus tard les Gévaudanais)

A l’époque gallo-romaine, Florac n’était sans doute qu’un domaine rural. Un  village troglodyte existait pourtant dès l’Âge du Bronze dans les rochers de Rochefort (1054 m d’altitude) où fut construit le premier château féodal.

Il existe plusieurs versions de l’origine du nom « FLORAC »: ce nom dériverait du latin « Flor Acqus » qui signifie « Fleur des Eaux ». Il est vrai que cette romantique appellation convient très bien à Florac qui est traversée par trois rivières (Tarn, Tarnon, Mimente) et une résurgence (le Pêcher).  Cependant les étymologistes ont, quand à eux, une autre version : il existait sur l’emplacement actuel de Florac un domaine appartenant à un certain Florus, sujet romain. En effet les noms finissant par « AC » comme Florac, Ispagnac, Quezac sont formés du suffixe latin « Acum » qui désigne un lieu, un domaine, du nom de son propriétaire. L’emplacement de ce domaine n’a jamais été retrouvé. En revanche, des vestiges gallo-romains ont été découverts sur l’emplacement actuel du village de vacances, notamment des poteries. Un village de potiers se trouvait-il sur cet emplacement?

Le moyen Age sous la baronnie d’Anduze

C’est autour du quartier du Fourniol, sur la petite hauteur qui domine le Vibron et au pied de l’église, que s’installe le village médiéval.

Dès, le XIIème siècle, Florac est une petite ville. Ses maisons sont groupées autour de l’église et autour du château (construit à l’emplacement de l’actuel château) séparés par le Vibron. Vers 1130, des moines bénédictins de l’abbaye de la Chasse-Dieu construisent un couvent.

En 1215 le territoire est attribué à Raymond d’Anduze, qui devient le baron de Florac. Ce sont les armes de cette famille qui constituent les armoiries de la ville.  Vers le Vème siècle, la région est christianisée par les moines de l’Abbaye de St Gilles dans le Gard. Une paroisse est créée à Florac et la première église construite. Vers le IXème siècle, un premier château est construit au sommet de l’un des rochers dominant Florac, le rocher de Ste Lucie. Il en reste de maigres vestiges avec les ruines d’une chapelle.

Les remparts de Florac

La ville est entourée d’un fossé. Située en un lieu de passage, Florac devient une petite cité commerçante. Ses marchands en relation avec le Gévaudan, les Cévennes, le Bas Languedoc et le Vivarais, font commerce de bois, de mulets, de draps et de sel. Les transhumants se rendant sur le Mont Lozère traversent la ville avec leurs troupeaux, et laissent des péages qui constituent un revenu non négligeable pour la ville.

Florac en 1683

 

Après la guerre de 100 ans, des bandes de pillards, aventuriers de tous les pays, auxquels on donnait le nom de « routiers » ou « Anglais », sévissent dans la région. Sur les pentes du Mont Lozère une compagnie de plus de 1000 routiers rôde: Florac est en danger. Les Floracois s’empressent d’ériger les remparts. Malheureusement la construction n’était pas finie lorsque la compagnie des routiers s’empare de la ville et la brûle en mars 1363. Les remparts seront reconstruits en 1364 avec l’aide du pape Urbain V, qui montre ainsi son attachement à son pays natal (il est né à Grizac). La cité est donc fortifiée par une enceinte à douze tours et deux « portes »: la porte Nord dite « du Thérond » et la porte Sud dite porte d’Anduze.

Florac achète ses « Libertés »

Le 20 septembre 1291, moyennant le paiement de 400 livres, les habitants de Florac achètent leurs « libertés » à leur Seigneur, Pons de Montlaur, mari d’Isabeau d’Anduze, baron de Florac. Une charte accorde le droit à la population d’élire deux consuls, et prévoit plusieurs mesures pour éviter l’arbitraire seigneurial.

La Réforme et les guerres de religion

La Réforme pénètre en Cévennes grâce à des colporteurs venus de Genève. Ils apportent dans leurs ballots des bibles et certifient que sa lecture remplace la messe. La population de Florac dans sa grande majorité, accueille les idées de la réforme: la première communauté de l’Eglise Protestante date de 1560. Antoine Coppier en est le premier ministre de la parole. Les Protestants, par horreur du culte des images, démolissent la veille église et s’approprient le cimetière. Ils bâtissent le premier temple sur l’emplacement actuel de l’église.

Cette nouvelle religion fait figure d’hérésie et provoque l’inquiétude des autorités royales. Les années de 1564 à 1598 vont voir s’embraser les Cévennes dans une guerre de religion sanglante
Les guerres se terminent sous le règne d’Henri IV par la proclamation de l’EDIT DE NANTES (1598) reconnaissant la liberté de conscience aux protestants. Après la mort d’Henri IV, la guerre civile reprend jusqu’à la Paix d’Alais (aujourd’hui Alès) en 1629, Louis XIII supprime aux Protestants les places de sûreté et les garnisons. A Florac, le temple et les remparts sont rasés, l’église reconstruite. Les prédications auront lieu à la halle aux blés (aujourd’hui la mairie). En 1646 un nouveau temple est inauguré, Florac compte alors 1.175 protestants pour 211 catholiques. Enfin un retour à la paix ? Pas pour longtemps en 1685, Louis XIV révoque l’EDIT DE NANTES: sa devise est on ne peut plus explicite  » UNE SEULE FOI, UNE SEULE LOI, UN SEUL ROI « . Le culte protestant est interdit. Défense est faite d’enterrer les morts protestants dans les cimetières paroissiaux. Ils sont donc ensevelis dans les propriétés privées, cimetières familliaux (Vous trouverez certainement, au cours de vos promenades des tombes dans les jardins, témoins de la foi protestante). Le temple est à nouveau détruit; Les « maçons » de l’époque auront bien souvent travaillé pour rien! Le seul souvenir de ce temple est la ruelle appelée « passage du Temple » entre l’esplanade et la rue Armand Jullié.

Florac pendant la guerre des Camisards,

Partout en Cévennes s’organisent des assemblées du Désert (culte clandestin). Durant la nuit du 23 au 24 septembre 1689, une centaine de Cévenols armés assistent à une assemblée du désert à la Can de l’Hospitalet (plateau à une vingtaine de kilomètre de Florac). Lors de cette assemblée ils décident d’attaquer Florac ou stationnent des dragons du roi. Ils sont conduits par François Vivent, un Cévenol exilé qui a pour mission de soulever les Cévennes. Cette attaque avorta mais elle annonçait une révolte armée. (François Vivent sera surpris par les dragons en 1692 dans une grotte près d’Anduze et tué).

Avec  l’assassinat, au Pont de Montvert, de l’abbé du Chayla en juillet 1702, les Cévennes entrent alors dans le tragique épisode de la guerre des « CAMISARDS » (ce nom est du à la « camise » blanche ou chemise, en français, portée par ces combattants sans uniforme).

S’ensuit entre les insurgés et les dragons du roi une série de batailles sans pitié qui ne prendront fin qu’avec la reddition ou la capture des derniers chefs camisards vers 1705. Entre temps, les Protestants ont vécu les années de répression les plus noires, notamment avec la destruction des hameaux huguenots (« Le Grand Brûlement des Cévennes ») organisée par les autorités pour regrouper les infidèles à la foi catholique. La répression a condamné de nombreux Camisards, ou simplement des participants d’une assemblée clandestine, à la potence, les galères ou l’emprisonnement à vie, pour les femmes, dans la tristement célèbre Tour de Constance à Aigues Mortes. Néanmoins, la Guerre des Camisards deviendra le symbole de la lutte pour la liberté de conscience. Elle aura profondément marqué la mentalité des Cévenols, toujours prompts à défendre les libertés.

L’Histoire du protestantisme en Cévennes est retracée au Musée du Désert (Au Mas Soubeyran près d’Anduze). Chaque année s’y tient, le premier dimanche de septembre, le grand rassemblement des Protestants.

Florac révolutionnaire

La rédaction du Cahier de Doléances de Florac date du 12 janviers 1790. Le 5 février 1790 le Gévaudan devient le département de la Lozère.

En 1791, un notaire protestant, François Dalzan Delapierre, était accusateur public auprès du tribunal. Il contribua à faire condamner à mort des contre-révolutionnaires (contre-révolution lozérienne de 1793). C’est ainsi que Florac vit arriver la guillotine depuis Rodez pour l’exécution de quarante contre-révolutionnaires arrêtés pour la plupart à la Malène.

Des « Temps modernes » à ce siècle;

A l’apogée démographique du XIXe s, la cité vit de l’élevage, de la fabrique des tissus en laine (les cadis) du commerce (soie, bestiaux, fruits), et de son rôle administratif. Un carrefour de voies de communication Situé entre le mont Lozère, les Cévennes et la région des Causses (Méjean-Sauveterre) et des Gorges du Tarn, le sillon creusé par les rivières autour du vallon de Florac constitue un carrefour de communication articulées autour des ponts et gués qui permettaient de franchir les eaux : pont de la draille, gué et pont du Tarn (1653), pont de Barre (1693) et pont de la Bécède (1665-1708).

Florac était une région très agricole mais vivait aussi du commerce des cocons, des vers à soie, produits dans les magnaneries des Cévennes. Cette activité avait apporté aux Cévennes une certaine prospérité. On peut même dire, compte-tenu de la pauvreté des terres agricoles, que les Cévennes étaient surpeuplées !!!

Le foirail un jour de Foire

La population se répartissait sur tout l’espace disponible et le moindre arpent de terre avait une utilisation agricole (en témoigne le nombre important de hameaux, leur dispersion, et les anciens « bancels » ou terrasse).

A cause des maladies des vers à soie et le développement des fibres synthétiques, c’est la ruine de la sériciculture. Alors, commence une première vague d’émigration vers le bassin minier d’Alès. La révolution industrielle, si elle ne touche pas la région, l’affecte gravement en accentuant l’exode rural au profit des zones urbaines. Les villages les plus isolés sombrent dans l’abandon. Le préjudice subi par cette région, dont toute l’économie était enracinée dans la ruralité, est énorme. A Florac, la dépopulation a connu son apogée au recensement de 1947 avec 1.452 habitants. Aujourd’hui la population est de 2.064 habitants.

L’agriculture a disparu de Florac ainsi que les activités qui lui étaient directement liées. L’activité économique est liée à l’artisanat, au commerce, à l’administration et au tourisme.
La population (1000 habitants en 1679, 1700 en 1734, 2263 en 1852) est demeurée à peu près stable depuis le début du XXe siècle (autour de 2000 habitants) : c’est exceptionnel en milieu rural où la démographie a beaucoup chuté.

Florac Aujourd’hui

La sous-préfecture lozérienne est restée à taille humaine, elle est aujourd’hui un lieu où il fait bon vivre . Ses habitants sont pour la plupart des fonctionnaires, des artisans ou commerçants. Il reste très peu d’agriculteurs sur le territoire de la commune (mais sur la région, l’agriculture modernisée reste un secteur vivace, très liée aux activités d’agri-tourisme).

De nombreux producteurs locaux tiennent boutique à Florac : la maison des paysans, l’atelier du sucre et de la châtaigne… Son marché hebdomadaire du jeudi est un des plus réputés de la région, on y vient pour faire le plein de produits du terroir, mais aussi pour l’ambiance « cévenole » et bon enfant ! Florac c’est aussi un village plein de ressources : un pôle administratif et de nombreux hébergements et des commerces (un des derniers fabricants de jean « made in France » : l’atelier Tufféry est à Florac.)

L’unique école des Pompiers du GRIMP (Groupes de Reconnaissance et d’Intervention en Milieux Périlleux) est aussi à Florac, sous l’impulsion de pompiers passionnés de spéléologie, la région ayant l’avantage d’avoir toutes les configurations possibles: gouffres, ravins, falaises et roches en granit, schiste ou calcaire. Depuis 1993, ils sont chaque année quelques 200 pompiers venus de toute la France mais aussi d’une vingtaine de pays, pour être formés à Florac aux techniques les plus pointues d’interventions en milieux périlleux .

Balade auto guidée

Un itinéraire autour de la Source du Pêcher, du château et des vieux quartiers.
Le plan est placé à proximité de l’Office de tourisme d’où le circuit démarre pour s’achever au château, siège du Parc national des Cévennes.   Plan de ville de Florac gratuit disponible à l’office de tourisme ou à télécharger.

1. L’Esplanade
Le passage de la sous-préfecture est l’un des nombreux passages couverts qui se faufilent sous les maisons : vous venez de traverser les anciens remparts de Florac et vous vous trouvez à l’intérieur de la ville médiévale, à côté de la sous-préfecture. Outre ses beaux platanes centenaires (les plus âgés ont 190 ans) vous y trouverez :
– d’un côté, la statue de Léon Boyer, collaborateur de Gustave Eiffel avec qui il a construit le viaduc de Garabit, mort au Panama en 1883 où il travaillait au percement du canal ;
– de l’autre le temple protestant et le monument aux morts.

2. Le Planet
A partir du Planet, vous entrez dans l’un des plus vieux quartier de Florac, celui du Prieuré créé en 1130 par les moines de la Chaise Dieu (près de Brioude). La cité s’est développée d’abord autour de l’axe de la draille qui traversait le Vibron au pont de la Draille, au pied du quartier du Fourniol (cf. panneau N° 9, actuelle pisciculture) et empruntait ensuite l’actuelle rue de l’église. Au XIIIe siècle, elle n’était protégée que par des fossés remplis par les eaux de la source.
Les premiers remparts datent de la fin du XIVe siècle : ils ne laissaient ouvertes que deux portes, l’une sur le faubourg du château traversé par la « grande rue du Pêcher » (ou grand rue publique allant de Florac à Barre), l’autre sur le faubourg du Thérond (route d’Ispagnac et Mende). Ils protégeaient la ville des compagnies de « routiers », qui profitaient des troubles liés à la Guerre de cent ans, pour piller et rançonner les habitants. Ils parvinrent néanmoins à leurs fins, avant même que les remparts ne soient achevés.
Aux XVIe et XVIIe siècles de nombreux troubles religieux opposant catholiques et protestants ont affecté les Cévennes, causant maintes destructions. En 1622, on entreprend de restaurer les remparts de Florac et quelques années plus tard, alors que Richelieu assiège La Rochelle, le Marquis de Portes assiège Florac, sans succès. Sous les ordres du Duc de Rohan, on renforce de nouveau les remparts mais la capitulation de La Rochelle, Montauban et Montpellier entraîne la signature de la paix d’Alais (juin 1629) entre Richelieu et le Duc de Rohan. Les protestants conservent le droit de pratiquer leur religion mais leurs fortifications sont détruites. C’est le cas des remparts de Florac.
La maison où est installée le panneau est l’une des plus anciennes de Florac : sa tour surveillait la porte du Thérond. C’est aussi le carrefour entre l’ancienne route de Nîmes à Saint-Flour et l’ancienne route de Florac à Séverac par le Causse.

4. La Grand-rue
Dans le prolongement de la rue du Pêcher (en occitan pesquié = vivier) et de la rue du Thérond (mot d’origine gauloise signifiant « la source »), la rue Armand Jullié est l’ancienne rue commerçante, bordée d’échoppes aux devantures caractéristiques. Florac comptait des tanneurs, des potiers, des teinturiers, des bourreliers, des cordonniers, de nombreux sabotiers, des serruriers, des maréchaux ferrants, des tailleurs qui tenaient boutique sur cette rue, l’artère principale du vieux Florac, appelée aussi « grande route de Nîmes à Saint-Flour ». C’est elle que traversaient les caravanes de muletiers qui transportaient les marchandises entre l’Auvergne et le midi, auxquels ont succédé les rouliers et les charretiers. Plus d’une vingtaine de rouliers « remisaient » à Florac au début du XXe siècle : ils y faisaient halte et prenaient des chevaux de renfort pour grimper les côtes qui les attendaient sur la route.

5. L’église Saint-Martin

L’église primitive, celle du prieuré de la Chaise-Dieu, était à l’emplacement de l’église actuelle, entourée d’un cimetière. Entre le XIIIe et le XVe siècle, l’histoire de Florac sera marquée par les rivalités qui opposaient le pouvoir du prieuré à celui du seigneur,
installé de l’autre côté du ruisseau du Bibrou (le Vibron). Elle fut détruite en 1561 et un temple fut construit sur ses ruines.
Les guerres de religion ont plusieurs fois dévasté Florac : le temple fut détruit a son tour, ainsi que l’horloge et le clocher, au début du siècle suivant (1629).
L’église actuelle, d’architecture néoclassique, date de 1833, comme le temple actuel, qui donne sur l’Esplanade. Elle comporte trois nefs,
une abside, une absidiole. Sa voûte en berceau est soutenue par des arcades en plein cintre. Le ‘pré de l’église’ est l’ancien foiral des moutons, bâti sur le vieux cimetière.

6. L’ancien couvent
Cette maison est classée monument historique depuis 1999, pour sa façade, sa toiture et son escalier intérieur qui donne accès à la tour, d’où l’n domine tout Florac. La façade, travaillée avec beaucoup de recherche, est de style Renaissance et date probablement de 1583 (inscription au dessus de la porte) date à laquelle le Sieur de La Clamouze aurait  créé un hôpital dans ce bâtiment.
Au XVIIe siècle elle fut occupée par un couvent des Capucins puis transformée de nouveau en hôpital, siège de la sous-préfecture, et
enfin d’une institution religieuse. Les armoiries qui l’ornaient, ont été saccagées pendant la Révolution.

Dans l’escalier intérieur et sur la façade deux devises sont gravées :
– « Nisi Dominus »: sauf si le maître
– « Multa Renascentur quae iam cecidere » : bien des choses tombées naguère vont renaître.

Maison dite : « de la congrégation », elle est aujourd’hui utilisée comme école privée. Il faut l’imaginer dans le contexte qui était le sien lorsque ce quartier, très peuplé et animé par de nombreuses activités économiques, grouillait de vie.
A la fin du XVIIe siècle, la population citadine était divisée ainsi :
– 15 % d’artisans du textile (fileuses, cardeurs, tireurs de laine)
– 10 % d’ouvriers du cuir,
– 15 % de muletiers, voituriers, hôtes et cabaretiers vivant du passage de ces transports,
– 5 % d’ouvriers du bois,
– 35 % de travailleurs et journaliers,
– 20 % de domestiques.

Tous ces gens avaient également une activité agricole (jardins, vignes, châtaigneraies, bois, prés, terres labourables, petits troupeaux). Vingt pour cent de la population habitait hors les murs, dans les hameaux ruraux.

7. Le Vibron
Le Vibron fut, depuis le début des temps :
– Ressource en eau potable (prises d’eaux) pour alimenter les nombreuses fontaines dans les différents quartiers de la ville, et pour
– L’irrigation des jardins,
–  Energie pour faire tourner jusqu’à 8 moulins (dérivations),
– Vivier où on élevait le poisson (bassins d’élevage),
– Eau courante où on lavait le linge (lavoirs), où l’on traitait les peaux (tanneries) et où l’on évacuait les eaux usées.

8. Le ferradou
Ce « travail » ou « ferradou » servait à ferrer les boeufs. Il est situé sur le foirail, près du poids public, où se tenaient les treize foires annuelles de Florac.
Autrefois, ces foires drainaient toute la population paysanne des alentours et constituaient un élément essentiel de la vie économique et culturelle du pays. Elles étaient un lieu d’échanges entre les régions voisines. On y menait des moutons, des chèvres, des vaches, des boeufs, des cochons, depuis les Causses, les Cévennes, le mont Lozère, et de plus loin encore. On y vendait du vin, des châtaignes, du blé, des fruits, des sabots, des tissus de laine. C’était une vrai fête que certains arrosaient plus que de raison avant de repartir vers leur village !
Aujourd’hui, le bétail n’est plus commercialisé de cette manière, mais des foires plus modestes demeurent, chaque mois, ainsi qu’un marché hebdomadaire, le jeudi.

9. L’ancienne pisciculture
Installée en amont de l’ancien « Pont de la Draille », la pisciculture a continué une tradition d’élevage de poissons probablement très ancienne. Derrière les anciens bassins d’élevage se trouve l’un des anciens moulins de Florac (le moulin de la source). Les moulins servaient à plusieurs usages : mouture du blé, extraction de l’huile de noix, foulage de la laine etc;…

10. La source du Pesquié

La source du « Pêcher » sort d’un gros éboulis par plusieurs venues d’eau (les griffons), dont aucune n’a pu être pénétrée jusqu’à présent.Beaucoup d’eau, en quantité irrégulière.
Débit d’étiage (basses eaux) : entre 80 l/s et 200 l/s
Débit moyen : entre 1 250 l/s et 7 000 l/s
Température moyenne : entre 10°0 et 10°2

D’où vient l’eau qui alimente cette source ?
La roche calcaire possède quantité de cavités, petites ou grandes, qui s’imprègnent d’eau jusqu’à en stocker des quantités considérables. Les sources jaillissent au contact des couches imperméables du sol (marnes, schiste) à la base des calcaires. Mais, compte-tenu de la disposition des couches géologiques ici, et avec la présence de  marnes imperméables qui constituent un replat (La Planilière) à mi-versant, l’au devrait s’écouler en direction du Tarn et il ne devrait pas y avoir de source à Florac !
– Unique
La plus grande partie des eaux drainées par la surface du Causse s »écoule vers l’ouest (du côté du Tarn : Montbrun, Ste Enimie, St Chély, La Malène, Les Vignes). Seule une petite partie (nord-est, entre le Col de Perjuret et Florac) du Causse est drainée vers le Tarnon.
– Obstinée
Entre la source du Pêcher et la surface du Causse se glisse une couche de marnes imperméables dont l’épaisseur varie de 50 à 200 mètres et qui devrait être étanche !  Mais l’eau parvient à passer l’obstacle !
– Hasardeuse
C’est le jeu des failles (fractures de l’écorce terrestre avec déplacement des deux blocs mobilisés) qui, mettant en communication deux zones perméables, rend possible l’alimentation de la source du Pêcher.

12. Château et foirail

Rebâti en 1652, après les guerres de religion, le château de Florac occupe l’emplacement de l’ancien château féodal dont on retrouve mention dès le début du XIIIe siècle. Il est construit sur un mamelon de tuf et cette roche, avec le calcaire, a été utilisée pour sa construction. Le tuf est une roche issue des dépôts de la source : les eaux contiennent du carbonate de calcium qui a emprisonné mousses, brindilles, feuillages… Ces végétaux, en se décomposant, ont libéré les alvéoles creuses qui le caractérisent.
Le château dépendait d’abord de la baronnie d’Anduze (XIIIe siècle) qui régnait aussi sur Alès, Sauve et Sommières. Raymond d’Anduze, baron de Florac, était seigneur de Chabrières, Montvert, Eschamassou (Montvaillant), Pierrefort, Saint-Laurent-de-Trèves, Castelbouc, Montbrun, Javillet, La Balme (Barre-des-Cévennes), Caodaze (Vébron),  Moissac et Saint-Etienne-Valfrancesque. Lui-même rendait hommage à l’Évêque de Mende.Aux siècles suivants, les seigneurs de Florac vont changer :
– A la fin du XIVe siècle, c’est le seigneur de Ventadour, puissante famille du Limousin,
– Au milieu du XVe siècle jusqu’au milieu du XVIe, c’est la famille de Poitiers Valentinois (Diane de Poitiers en fait partie).
– Puis la famille de La Mark (Ardennes), de Montmorency, de Valois : ces derniers vendront la baronnie à François de Mirand, Trésorier général de France.
Au moment de la Révolution, le château était transformé en « grenier à sel ». Vendu à l’Etat en 1810, il fut utilisé comme prison et il en garde encore quelques vestiges (barreaux aux fenêtres, portes de cellules…) Depuis 1976, il est le siège du Parc national des Cévennes qui l’a restauré et il abrite une exposition permanente dans un espace scénographique quadrilingue (français, anglais, allemand, néerlandais).

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