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Le château de Miral

Posted by on 7 août 2015

par Rémi Quéron

Miral, vue du Tarn

Miral vu du Tarn

De son petit promontoire de granite, le château de Miral (« lieu d’où l’on regarde », poste de guet) domine la haute vallée du Tarn depuis 800 ans. Cet ancien fief catholique, qu’il n’est plus possible de visiter pour le moment, possède dans son enceinte plusieurs bâtiments anciens remarquables, dont une chapelle, diverses peintures du Moyen-Age, dont un plafond aux motifs denses et variés… Avec l’aide de M. Fautrelle, l’actuel propriétaire, nous nous sommes plongés dans l’histoire du château…

   1 – Les premiers seigneurs

 La date de construction du château est incertaine ; Miral est mentionné dans les textes pour la première fois en 1258. Au départ il n’y avait que le donjon. Celui-ci appartient alors au seigneur Pierre de Chabrières, seigneur de trois châteaux (Chabrières, où il vit, Montaut et Miral).

 En 1350, Pérégrine de Chabrières épouse Guyot de Malbosc, qui vit alors dans le château du petit village du même nom. Elle meurt en 1374, léguant à son mari tous ses biens dont le château de Miral.

Du XIVeme au XVIIIeme siècle, le château sera la propriété des Malbosc de Miral. Ils vivront au château jusqu’à la Révolution, c’est-à-dire pendant près de 400 ans.

 

   2- La Guerre de 100 Ans (XIV-XVeme siècle)

Le "corps de garde", réminiscence du Moyen-Âge à l'entrée du château. Sculpture de Jean-Pierre Augier

Le « corps de garde », réminiscence du Moyen-Âge à l’entrée du château. Sculpture de Jean-Pierre Augier

A l’origine, le château était constitué uniquement d’un donjon, qui commandait et défendait la haute vallée du Tarn, du Pont de Montvert à Florac. Ce donjon était aussi une défense avancée du château de Chabrières, situé plus en hauteur, non loin. C’était la fameuse « Guerre de 100 Ans ». Pour une protection plus efficace contre l’ennemi (les Anglais et les « routiers »), des remparts furent construits. On trouve la trace d’un accord entre Guyot de Malbosc, le seigneur, et les habitants : tant que les attaques persistaient, les habitants pouvaient se réfugier dans l’enceinte du château, à condition qu’ils le défendent.

A cette époque disparaissent les traces des châteaux de Malbosc, Montaut et Chabrières ; on peut supposer qu’ils ont été abandonnés en raison de leur grande difficulté d’accès. Les châteaux pouvaient servir de carrière de pierre pour d’autres constructions, ce qui explique la difficulté de retrouver des traces  de leur existence.

La cour du château, avec l'entrée principale.

La cour du château, avec l’entrée principale.

La cour du château : fenêtre à meneaux datant de la Renaissance

La cour du château : fenêtre à meneaux datant de la Renaissance

 

Les Mines

 Autour de Cocurès sont situées treize mines, des mines d’argent ou de plomb. On parle même d’une petite mine d’or…  Un autre porte le nom peu engageant de « mine des veuves », ce qui suggère le danger auquel s’exposaient les travailleurs… Parmi les mines les plus importantes, on peut citer les mines de Rampon (plomb argentifère), qui furent en activité jusqu’aux années 60, et la mine de « Combe Première », dont la propriété et les bénéfices furent partagés à égalité, à partir de 1618, entre le baron de Florac, et le seigneur de Miral Antoine de Malbosc.

Ouvertes dans l’Antiquité, les mines de Combe ont été utilisées au Moyen-Age pour l’exploitation du plomb et de l’argent. Toute l’exploitation se faisait à ciel ouvert car on craignait les esprits infernaux du sous-sol… Le filon se trouvait dans une sorte de faille au nord-ouest de Cocurès, non loin du hameau de Bourlande.

 

3- Prélude à la guerre des Camisards (XVII – XVIIIeme siecle)

Portrait de l'abbé Du Chayla

Portrait de l’abbé Du Chayla

Miral a toujours été un fief catholique. Le seigneur était ami avec l’abbé du Chayla, qui avait été nommé pour ramener les protestants à la religion catholique en Cévennes, après la Révocation de l’Edit de Nantes. En septembre 1698, Du Chayla a rendez-vous à Miral avec le vicaire général M. de la Roche Aymon, envoyé par l’évêque de Mende. Cette entrevue a pour but de maintenir Du Chayla sous contrôle, l’évêque voyant l’autorité de l’abbé d’un mauvais oeil. A  cette occasion, l’abbé avait demandé au seigneur un repas fastueux et très onéreux. On a retrouvé le menu :

 

Mr de la Roche Aymon + son valet

Mr l’abbé du Chayla + son valet

———

    Douze livres de veau venant de Mende

     Cinq paires de perdreaux

  Six livres de beurre

Trois livres de sucre

  Six livres de lard

  Un dindonneau

  Un quartier de mouton

3 pintes de vin

———-

Total dépense : 20 livres

Extrait du livre de raison de l’abbé Jean-Louis de Malbosc-Miral, doyen de Quézac.

 

L’assassinat de l’abbé du Chayla au Pont de Montvert en 1702 déclencha la « guerre des Camisards ».

Bibliographie :

Un article très clair sur ces événements —> cliquez ici

Pour aller plus loin : POUJOL Robert, L’abbé du Chayla, Presses du Languedoc, Montpellier, 2001.

 

En haut des marches, le pied, en tournant vers la droite, a creusé de siècles en siècles la pierre de granite.

En haut des marches, le pied, en tournant vers la droite, a creusé de siècles en siècles la pierre de granite.

 

Sur l’un des piliers de la cour, de nombreux couteaux ont été aiguisés…

Sur l’un des piliers de la cour, de nombreux couteaux ont été aiguisés…

 

4 – La Révolution Française

 Au début du XVIIIe siècle, c’est une nièce du seigneur qui hérite du château : Thérèse de Malbosc-Miral. Elle épouse un seigneur très puissant, Jean-Antoine Hercule de Borne d’Altier, et s’en va vivre avec lui au château du Champ, au nord du mont Lozère, près du village d’Altier. En partant, elle emporte toutes ses archives, qui seront retrouvées dans les années 60. Après avoir nommé un régisseur chargé de faire valoir le domaine en Lozère, la famille va s’installer à Paris.

Jean-Antoine et Thérèse auront deux fils. En 1794, leur fils Charles, ainsi que leur petit fils, sont pris par les Révolutionnaires, guillotinés place du Trône (appelée pour l’occasion « Place du Trône Renversé »), et jetés dans la fosse commune. Cette place porte à présent le nom de Place de la Nation et la fosse commune est devenue le cimetière de Picpus.

Plus de 1300 personnes ont été exécutées entre le 13 juin et le 27 juillet 1794 place du Trône « renversé » à Paris.

Plus de 1300 personnes ont été exécutées entre le 13 juin et le 27 juillet 1794 place du Trône « renversé » à Paris.

 

5- De la Révolution à nos jours.

Les biens de la famille deviennent vacants. En 1796, Miral est vendu aux enchères, et les années suivantes il passe entre plusieurs mains. Vers 1808, le fils Borne d’Altier, le frère de Charles, meurt à son tour. Avec lui s’éteint la lignée Miral / Borne d’Altier.

Le blason des Malbosc de Miral : chèvre d’or « rampante » sur fond de gueule / Trois chevrons d’argent sur fond d’azur.

Le blason des Malbosc de Miral : chèvre d’or « rampante » sur fond de gueule / Trois chevrons d’argent sur fond d’azur.

En 1812, Miral est racheté par le notaire impérial des Bondons, M. Fayet. Il a une fille, Marianne, qui se marie avec Jean-François Jourdan. Mme Fautrelle, née Jourdan, descend de cette famille. Elle et son mari sont les actuels propriétaires et vivent au château.

 Miral a été inscrit à l’inventaire supplémentaire des Monuments Historiques en 1984, et les restaurations se poursuivent depuis 35 ans

Plan détaillé du château (cliquer sur l’image pour agrandir) :

plan-miral

La chouette en terre cuite de Mme Fautrelle surveille l'accès au Tarn...

La chouette en terre cuite de Mme Fautrelle surveille l’accès au Tarn…

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