A Florac, rencontre avec Guillaume Sapin, cinéphile actif

portrait Guillaume Sapin

Florac est une commune qui se distingue par ses nombreuses associations, et donc par la multiplicité des évènements culturels qui y sont proposés toute l’année. En dehors du mythique Festival de la Soupe, mais pas si loin (car ici tout le monde se connaît), Florac a la chance de compter parmi ses habitants un certain nombre de mordus de cinéma, avec parmi eux, Guillaume Sapin, qui œuvre depuis près de 10 ans à l’accès à la culture en milieu rural, à travers son domaine de prédilection, le 7ème art. Revenons un peu sur le parcours de l’un des responsables de « La Nouvelle Dimension », avant d’aborder l’actualité et les projets…

Il y a une petite dizaine d’années, Guillaume suivait un cursus de géographie à la fac de Dijon… Comme beaucoup d’étudiants, il avait besoin de travailler pour financer ses études, et M. Hasard (que certains appellent aussi M. Destin) vint le chercher pour lui proposer un petit boulot déterminant, celui de salarié dans un vidéo-club. C’est la révélation : Guillaume devient boulimique de films et se forge très vite, sur le tas, une solide culture cinématographique. Loin d’abandonner ses études de géo pour l’instant, il a réussi à joindre l’utile et l’agréable : financer ses études et s’éclater au milieu des films, sans trop savoir où tout cela pourra bien mener… Et puis, le jeune homme a toujours un fort intérêt pour la nature, il participe donc à la création d’une association de défense de l’environnement et souhaite devenir accompagnateur moyenne montagne au terme de ses études de géo. Mais la passion du cinéma va prendre progressivement le pas sur le reste et il finit par abandonner ses études pour se consacrer pleinement à la gestion du vidéo-club.

 Ce n’est pas le cinéma qui va appeler Guillaume à Florac mais comme beaucoup une certaine passion pour les grands espaces, accompagnée d’un projet concret. Il arrive donc en Lozère en 2006, ayant été reçu en BTS Gestion et Protection de la Nature, formation alors dispensée par le CFPPA. Mais sa passion pour le cinéma le rattrape à nouveau et l’annonce de la vente du vidéo-club de Florac, tenu alors par Lola, représente une réelle opportunité pour développer quelque chose en lien avec l’image animée en Lozère, d’autant qu’en même temps, le vidéo-club de Dijon venant de fermer, un stock de 1500 DVD est disponible. Les conditions sont réunies pour le début d’un beau projet. Guillaume réunit les moyens pour l’achat du local, situé rue Armand Jullié, récupère le stock de DVD dijonnais et la « 4ème Dimension » voit le jour.

Par rapport à un vidéo-club classique, celui de Florac se distingue vite par une approche non restrictive du cinéma, embrassant tous les genres, du film d’horreur au film d’auteur… C’est un vidéo-club cinéphile qui cherche déjà à transmettre une vision large de ce que peut être le cinéma, un espace de création autant que divertissement. Pour porter le projet, il faut un maximum d’énergie et être prêt à travailler bénévolement, mais comme les choses commencent à fonctionner, Guillaume interrompt à nouveau sa formation d’accompagnateur moyenne montagne (définitivement?), et son ami Gilles Follea le rejoint. Les deux amis se consacrent à fond au vidéo-club.

Différents projets d’animation voient vite le jour : le ciné-club du dimanche, des cycles de films d’un même réalisateur sur une semaine, des cycles thématiques… Un groupe de passionnés de cinéma se forme à Florac et entre en contact avec d’autres cinéphiles lozériens, c’est ainsi que l’association des Ciné-clubs de Florac voit le jour et vivra 5 ans, de 2008 à 2013, le temps de proposer une longue série d’animations, de projections non-commerciales, autant de petites célébrations du 7ème art à la campagne, sous la forme de projections et d’animations conviviales. En parallèle des gens bizarres qui ne peuvent plus s’arrêter de causer dès qu’on prononce le mot « cinéma », « Les Cinéphages Associés » apparaissent sur la radio locale Radio Bartas, qui ne sont autres que Marc, Yann, Gilles, Fx…

cinephages

 Fruit du partenariat avec d’autres association lozériennes cinéphiles, le festival des « Rencontres des ciné-clubs de Lozère » voit le jour en 2010. Chaque édition annuelle décline une thématique avec par exemple : le cinéma japonais, le cinéma indépendant new-yorkais… Progressivement l’activité se recentre sur Florac et le festival prend le nom qu’on lui connait aujourd’hui : 48 images seconde.

Le Festival 48 images seconde

Affiche-quebec-web

Après avoir exploré le Japon, le western ou les contrées mystérieuses du fantastique, l’édition 2015 a remporté un succès sans précédents avec la thématique du Québec. Le festival prend un nouveau virage. L’édition 2016 mettra à nouveau le cinéma québécois à l’honneur tout en proposant un coup de projecteur sur le méconnu cinéma inuit. Daniel Racine, animateur cinéma spécialiste ès jurons québécois, sera à nouveau à Florac pour lui déclarer sa flamme. A tous publics et structures partenaires seront proposés de stages d’animation ou des stages plus techniques… A suivre.

Autour du comptoir-vidéo qui propose à la location un choix de plus de 4000 films, les activités de l’association se diversifient… Pour l’année 2015-2016, on pourra compter sur :

–          Une fois par mois, un cours du soir sur le thème des adaptations littéraires au cinéma, avec par exemple des études de « Carrie » de Stephen King adapté par Brian de Palma, Shakeaspeare adapté par Orson Welles… Ces cours sont proposés en participation libre.

–          Des stages thématiques de trois jours autour de réalisateurs qui ont marqué le cinéma, ou des réalisateurs plus méconnus ou a réhabiliter. Les prochains stages : Thierry Jousse viendra nous parler de David Lynch du 2 au 4 octobre, puis ce sera au tour de Clint Eastwood (non, pas en personne, faut pas rêver !)…

stage

Stage sur le cinéma québécois pendant l’édition 2015 du festival. Avec Sylvain Garel et Daniel Racine.

–          Guillaume devrait intervenir tous les trimestres sur un film programmé par Cinéco à La Genette Verte. Il proposera un débat après la projection.

–          Le partenariat avec le collège va se poursuivre…

Depuis 2014, à la suite de l’arrêt du ciné-club de Florac, La 4ème dimension est devenue «Nouvelle Dimension », centre de ressources et d’activités autour de l’image animée et du cinéma. Guillaume et Lise, qui s’occupe principalement du comptoir vidéo, sont les deux salariés. Auprès d’eux s’active une dizaine de bénévoles, parfois plus… L’association est aujourd’hui très active, elle s’ouvre définitivement à tous les publics, des cinéphiles aux simples curieux… Fin octobre, on fêtera l’arrivée de Doc et Marty en 2015 et il sera possible de voir ou revoir « Retour vers le Futur » 1 et 2…

Des animations loufoques ou plus sérieuses, la possibilité de comprendre comment les images sont fabriquées, de mieux savoir les lire, de découvrir des auteurs en compagnie de spécialistes, d’apprendre à animer une séance, voici un panel de ce que peut proposer « La Nouvelle Dimension » en 2015, association atypique en milieu rural qui œuvre pour la diffusion et l’initiation au cinéma en dehors des circuits commerciaux représentés par les salles.

Guillaume s’est bien installé en Lozère et il vit à la campagne avec sa compagne et ses deux enfants… Il fait partie de ces personnes qui peu à peu, sont parvenues à vivre de leur passion. Et les choses ne sont pas prêtes de s’arrêter car comme il le dit lui-même : « Ici, tout est encore à créer »…

Pour aller plus loin (activités, infos pratiques…) :

http://www.lanouvelledimension.fr/

http://www.48imagesseconde.fr/

 

par Rémi Quéron.

Merci beaucoup Guillaume !

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Balade à Florac : une source dans la ville

plan-florac

Une balade très facile pour aller à la découverte de Florac, capitale du parc national des Cévennes et une des plus petites sous préfectures de France. Dans le Cadre de l’Ecomusée du Causse et des Gorges, Florac et le Parc national des Cévennes vous proposent un itinéraire autour de la Source du Pêcher, du château et des vieux quartiers.Le plan est placé à proximité de l’Office de tourisme d’où le circuit démarre pour s’achever au château, siège du Parc national des Cévennes, passant par 12 points d’interprétation numérotés, les balises (jaunes et bleues) reproduisant le logo de l’écomusée du Causse.Fiche-guide gratuite disponible à l’office de tourisme et à la maison du Parc ou à télécharger.

1. L’Esplanade
Le passage de la sous-préfecture est l’un des nombreux passages couverts qui se faufilent sous les maisons : vous venez de traverser les anciens remparts de Florac et vous vous trouvez à l’intérieur de la ville médiévale, à côté de la sous-préfecture. Outre ses beaux platanes centenaires (les plus âgés ont 190 ans) vous y trouverez :
– d’un côté, la statue de Léon Boyer, collaborateur de Gustave Eiffel avec qui il a construit le viaduc de Garabit, mort au Panama en 1883 où il travaillait au percement du canal ;
– de l’autre le temple protestant et le monument aux morts.

2. Le Planet
A partir du Planet, vous entrez dans l’un des plus vieux quartier de Florac, celui du Prieuré créé en 1130 par les moines de la Chaise Dieu (près de Brioude). La cité s’est développée d’abord autour de l’axe de la draille qui traversait le Vibron au pont de la Draille, au pied du quartier du Fourniol (cf. panneau N° 9, actuelle pisciculture) et empruntait ensuite l’actuelle rue de l’église. Au XIIIe siècle, elle n’était protégée que par des fossés remplis par les eaux de la source.
Les premiers remparts datent de la fin du XIVe siècle : ils ne laissaient ouvertes que deux portes, l’une sur le faubourg du château traversé par la « grande rue du Pêcher » (ou grand rue publique allant de Florac à Barre), l’autre sur le faubourg du Thérond (route d’Ispagnac et Mende). Ils protégeaient la ville des compagnies de « routiers », qui profitaient des troubles liés à la Guerre de cent ans, pour piller et rançonner les habitants. Ils parvinrent néanmoins à leurs fins, avant même que les remparts ne soient achevés.
Aux XVIe et XVIIe siècles de nombreux troubles religieux opposant catholiques et protestants ont affecté les Cévennes, causant maintes destructions. En 1622, on entreprend de restaurer les remparts de Florac et quelques années plus tard, alors que Richelieu assiège La Rochelle, le Marquis de Portes assiège Florac, sans succès. Sous les ordres du Duc de Rohan, on renforce de nouveau les remparts mais la capitulation de La Rochelle, Montauban et Montpellier entraîne la signature de la paix d’Alais (juin 1629) entre Richelieu et le Duc de Rohan. Les protestants conservent le droit de pratiquer leur religion mais leurs fortifications sont détruites. C’est le cas des remparts de Florac.
La maison où est installée le panneau est l’une des plus anciennes de Florac : sa tour surveillait la porte du Thérond. C’est aussi le carrefour entre l’ancienne route de Nîmes à Saint-Flour et l’ancienne route de Florac à Séverac par le Causse.

4. La Grand-rue
Dans le prolongement de la rue du Pêcher (en occitan pesquié = vivier) et de la rue du Thérond (mot d’origine gauloise signifiant « la source »), la rue Armand Jullié est l’ancienne rue commerçante, bordée d’échoppes aux devantures caractéristiques. Florac comptait des tanneurs, des potiers, des teinturiers, des bourreliers, des cordonniers, de nombreux sabotiers, des serruriers, des maréchaux ferrants, des tailleurs qui tenaient boutique sur cette rue, l’artère principale du vieux Florac, appelée aussi « grande route de Nîmes à Saint-Flour ». C’est elle que traversaient les caravanes de muletiers qui transportaient les marchandises entre l’Auvergne et le midi, auxquels ont succédé les rouliers et les charretiers. Plus d’une vingtaine de rouliers « remisaient » à Florac au début du XXe siècle : ils y faisaient halte et prenaient des chevaux de renfort pour grimper les côtes qui les attendaient sur la route.

5. L’église Saint-Martin
L’église primitive, celle du prieuré de la Chaise-Dieu, était à l’emplacement de l’église actuelle, entourée d’un cimetière. Entre le XIIIe et le XVe siècle, l’histoire de Florac sera marquée par les rivalités qui opposaient le pouvoir du prieuré à celui du seigneur,
installé de l’autre côté du ruisseau du Bibrou (le Vibron). Elle fut détruite en 1561 et un temple fut construit sur ses ruines.
Les guerres de religion ont plusieurs fois dévasté Florac : le temple fut détruit a son tour, ainsi que l’horloge et le clocher, au début du siècle suivant (1629).
L’église actuelle, d’architecture néoclassique, date de 1833, comme le temple actuel, qui donne sur l’Esplanade. Elle comporte trois nefs,
une abside, une absidiole. Sa voûte en berceau est soutenue par des arcades en plein cintre. Le ‘pré de l’église’ est l’ancien foiral des moutons, bâti sur le vieux cimetière.

6. L’ancien couvent
Cette maison est classée monument historique depuis 1999, pour sa façade, sa toiture et son escalier intérieur qui donne accès à la tour, d’où l’n domine tout Florac. La façade, travaillée avec beaucoup de recherche, est de style Renaissance et date probablement de 1583 (inscription au dessus de la porte) date à laquelle le Sieur de La Clamouze aurait  créé un hôpital dans ce bâtiment.
Au XVIIe siècle elle fut occupée par un couvent des Capucins puis transformée de nouveau en hôpital, siège de la sous-préfecture, et
enfin d’une institution religieuse. Les armoiries qui l’ornaient, ont été saccagées pendant la Révolution.

Dans l’escalier intérieur et sur la façade deux devises sont gravées :
– « Nisi Dominus »: sauf si le maître
– « Multa Renascentur quae iam cecidere » : bien des choses tombées naguère vont renaître.

Maison dite : « de la congrégation », elle est aujourd’hui utilisée comme école privée. Il faut l’imaginer dans le contexte qui était le sien lorsque ce quartier, très peuplé et animé par de nombreuses activités économiques, grouillait de vie.
A la fin du XVIIe siècle, la population citadine était divisée ainsi :
– 15 % d’artisans du textile (fileuses, cardeurs, tireurs de laine)
– 10 % d’ouvriers du cuir,
– 15 % de muletiers, voituriers, hôtes et cabaretiers vivant du passage de ces transports,
– 5 % d’ouvriers du bois,
– 35 % de travailleurs et journaliers,
– 20 % de domestiques.

Tous ces gens avaient également une activité agricole (jardins, vignes, châtaigneraies, bois, prés, terres labourables, petits troupeaux). Vingt pour cent de la population habitait hors les murs, dans les hameaux ruraux.

7. Le Vibron
Le Vibron fut, depuis le début des temps :
– Ressource en eau potable (prises d’eaux) pour alimenter les nombreuses fontaines dans les différents quartiers de la ville, et pour
– L’irrigation des jardins,
–  Energie pour faire tourner jusqu’à 8 moulins (dérivations),
– Vivier où on élevait le poisson (bassins d’élevage),
– Eau courante où on lavait le linge (lavoirs), où l’on traitait les peaux (tanneries) et où l’on évacuait les eaux usées.

8. Le ferradou
Ce « travail » ou « ferradou » servait à ferrer les boeufs. Il est situé sur le foirail, près du poids public, où se tenaient les treize foires annuelles de Florac.
Autrefois, ces foires drainaient toute la population paysanne des alentours et constituaient un élément essentiel de la vie économique et culturelle du pays. Elles étaient un lieu d’échanges entre les régions voisines. On y menait des moutons, des chèvres, des vaches, des boeufs, des cochons, depuis les Causses, les Cévennes, le mont Lozère, et de plus loin encore. On y vendait du vin, des châtaignes, du blé, des fruits, des sabots, des tissus de laine. C’était une vrai fête que certains arrosaient plus que de raison avant de repartir vers leur village !
Aujourd’hui, le bétail n’est plus commercialisé de cette manière, mais des foires plus modestes demeurent, chaque mois, ainsi qu’un marché hebdomadaire, le jeudi.

9. La pisciculture
Installée en amont de l’ancien « Pont de la Draille », la pisciculture a continué une tradition d’élevage de poissons probablement très ancienne. Derrière les bassins d’élevage se trouve l’un des anciens moulins de Florac (le moulin de la source). Les moulins servaient à plusieurs usages : mouture du blé, extraction de l’huile de noix, foulage de la laine etc.
La Fédération départementale de pêche gère en Lozère cinq piscicultures. Celle-ci a été créée en 1968 pour produire des truites « arc-en-ciel », d’origine américaine, différentes de l’espèce sauvage autochtone, la truite »fario ».

10. Le panorama et l’histoire
A l’époque gallo-romaine, Florac n’était sans doute qu’un domaine rural. Son nom  viendrait de Flor-i.Acun = domaine de Florus. Un  village troglodyte existait pourtant dès l’Âge du Bronze dans les rochers de Rochefort (1054 m d’altitude) où fut construit le premier château féodal.

Les débuts.
C’est autour du quartier du Fourniol, sur la petite hauteur qui domine le Vibron et au pied de l’église, que s’installe le village médiéval.

L’age d’or.
A l’apogée démographique du XIXe s, la cité vit de l’élevage, de la fabrique des tissus en laine (les cadis) du commerce (soie, bestiaux, fruits), et de son rôle administratif.
Les temps modernes.
L’agriculture a disparu de Florac ainsi que les activités qui lui étaient directement liées. L’activité économique est liée à l’artisanat, au commerce, à l’administration et au tourisme.
La population (1000 habitants en 1679, 1700 en 1734, 2263 en 1852) est demeurée à peu près stable depuis le début du XXe siècle (autour de 2000 habitants) : c’est exceptionnel en milieu rural où la démographie a beaucoup chuté.
Un carrefour de voies de communication Situé entre le mont Lozère, les Cévennes et la région des Causses (Méjean-Sauveterre) et des Gorges du Tarn, le sillon creusé par les rivières autour du vallon de Florac constitue un carrefour de communication articulées autour des ponts et gués qui permettaient de franchir les eaux : pont de la draille, gué et pont du Tarn (1653), pont de Barre (1693) et pont de la Bécède (1665-1708).

11. La source du Pesquié
La source du « Pêcher » sort d’un gros éboulis par plusieurs venues d’eau (les griffons), dont aucune n’a pu être pénétrée jusqu’à présent.
Beaucoup d’eau, en quantité irrégulière.
Débit d’étiage (basses eaux) : entre 80 l/s et 200 l/s
Débit moyen : entre 1 250 l/s et 7 000 l/s
Température moyenne : entre 10°0 et 10°2
D’où vient l’eau qui alimente cette source ?
La roche calcaire possède quantité de cavités, petites ou grandes, qui s’imprègnent d’eau jusqu’à en stocker des quantités considérables. Les sources jaillissent au contact des couches imperméables du sol (marnes, schiste) à la base des calcaires. Mais, compte-tenu de la disposition des couches géologiques ici, et avec la présence de  marnes imperméables qui constituent un replat (La Planilière) à mi-versant, l’au devrait s’écouler en direction du Tarn et il ne devrait pas y avoir de source à Florac !
– Unique
La plus grande partie des eaux drainées par la surface du Causse s »écoule vers l’ouest (du côté du Tarn : Montbrun, Ste Enimie, St Chély, La Malène, Les Vignes). Seule une petite partie (nord-est, entre le Col de Perjuret et Florac) du Causse est drainée vers le Tarnon.
– Obstinée
Entre la source du Pêcher et la surface du Causse se glisse une couche de marnes imperméables dont l’épaisseur varie de 50 à 200 mètres et qui devrait être étanche !  Mais l’eau parvient à passer l’obstacle !
– Hasardeuse
C’est le jeu des failles (fractures de l’écorce terrestre avec déplacement des deux blocs mobilisés) qui, mettant en communication deux zones perméables, rend possible l’alimentation de la source du Pêcher.

12. Château et foirail
Rebâti en 1652, après les guerres de religion, le château de Florac occupe l’emplacement de l’ancien château féodal dont on retrouve mention dès le début du XIIIe siècle. Il est construit sur un mamelon de tuf et cette roche, avec le calcaire, a été utilisée pour sa construction. Le tuf est une roche issue des dépôts de la source : les eaux contiennent du carbonate de calcium qui a emprisonné mousses, brindilles, feuillages… Ces végétaux, en se décomposant, ont libéré les alvéoles creuses qui le caractérisent.
Le château dépendait d’abord de la baronnie d’Anduze (XIIIe siècle) qui régnait aussi sur Alès, Sauve et Sommières. Raymond d’Anduze, baron de Florac, était seigneur de Chabrières, Montvert, Eschamassou (Montvaillant), Pierrefort, Saint-Laurent-de-Trèves, Castelbouc, Montbrun, Javillet, La Balme (Barre-des-Cévennes), Caodaze (Vébron),  Moissac et Saint-Etienne-Valfrancesque. Lui-même rendait hommage à l’Évêque de Mende.Aux siècles suivants, les seigneurs de Florac vont changer :
– A la fin du XIVe siècle, c’est le seigneur de Ventadour, puissante famille du Limousin,
– Au milieu du XVe siècle jusqu’au milieu du XVIe, c’est la famille de Poitiers Valentinois (Diane de Poitiers en fait partie).
– Puis la famille de La Mark (Ardennes), de Montmorency, de Valois : ces derniers vendront la baronnie à François de Mirand, Trésorier général de France.
Au moment de la Révolution, le château était transformé en « grenier à sel ». Vendu à l’Etat en 1810, il fut utilisé comme prison et il en garde encore quelques vestiges (barreaux aux fenêtres, portes de cellules…) Depuis 1976, il est le siège du Parc national des Cévennes qui l’a restauré et il abrite une exposition permanente dans un espace scénographique quadrilingue (français, anglais, allemand, néerlandais).

Découverte du patrimoine Unesco : La ville coeur du site classé.
En 1215 le territoire est attribué à Raymond d’Anduze, qui devient le baron de Florac. Ce sont les armes de cette famille qui constituent les armoiries de la ville. Vers le Vème siècle, la région est christianisée par les moines de l’Abbaye de St Gilles dans le Gard. Une paroisse est créée à Florac et la première église construite. Vers le IXème siècle, un premier château est construit au sommet de l’un des rochers dominant Florac, le rocher de Ste Lucie. Il en reste de maigres vestiges avec les ruines d’une chapelle.
Dès, le XIIème siècle, Florac est une petite ville. Ses maisons sont groupées autour de l’église et autour du château (construit à l’emplacement de l’actuel château) séparés par le Vibron. Vers 1130, des moines bénédictins de l’abbaye de la Chasse-Dieu construisent un couvent. La ville était autrefois entourée d’un fossé. Située en un lieu de passage, Florac devient une petite cité commerçante. Ses marchands en relation avec le Gévaudan, les Cévennes, le Bas Languedoc et le Vivarais, font commerce de bois, de mulets, de draps et de sel. Les transhumants se rendant sur le Mont Lozère traversent la ville avec leurs troupeaux, et laissent des péages qui constituent un revenu non négligeable pour la ville. La visite de la ville permet de voir les vestiges des remparts et le château de Florac.
La ville de Florac, abrite aujourd’hui le centre administratif en charge de la gestion du bien classé Unesco.

 

+ d’infos sur la ville de Florac

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La Malène : le coeur des gorges du Tarn

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 Le Village de La Malène est situé dans un «talweg*», qui en faisait l’accès le plus aisé au Tarn depuis le causse de Sauveterre. C’est aussi le point de départ, notamment en barque ou en canoë, vers le cirque des Baumes, véritable coeur des gorges du Tarn et « spot» d’escalade internationalement connu. Le Bourg a su garder le cachet ancien de ses ruelles et maisonnettes qui ont traversé les siècles, à l’abri sous le rocher de la Barre… malgré quelques confrontations avec les huguenots cévenols tout proches.

1• La batellerie

tradition-batellerie

La nécessité d’un usage familial est devenue une aventure collective des pionniers du tourisme. La barque fut durant longtemps le moyen de transport d’une rive à l’autre, mais également de hameau en village. Elle servait au transport des animaux, des marchandises de toutes sortes et bien entendu des personnes. Son usage était familial et son maniement se transmettait des parents aux enfants. Aujourd’hui les bateliers vous proposent, d’avril à octobre, la descente depuis La Malène jusqu’au cirque des Baumes : 8 km sur la partie la plus spectaculaire des gorges du Tarn.

2• Du château au manoir

Manoir MontesquiouAu fil des siècles les seigneurs Montesquiou ont édifié leurs châteaux sur des sites bien différents. Le 1er château était perché rive gauche du Tarn à mi-pente au Ron de Montesquiou, puis fût abandonné pour s’installer au Planiol rive droite plus près du Tarn.
A la renaissance apparaissent les « châteaux résidence » comme celui-ci, bâti vers 1600. Ses tours et ses tourelles montrent la puissance de la famille. En 1627, le sieur Montesquiou barre la route au général des protestants, il en reçoit les remerciements du roi Louis XIII ! Le manoir est aujourd’hui un hôtel de charme.

3• Le moulin

departLieu d’échange entre causses et vallée, le moulin a plus de 8 siècles d’existence ! Il ne produit plus de farine depuis le début du XXe siècle. Cependant il a suffi d’installer une petite turbine là où se trouvait anciennement la roue horizontale du moulin pour le faire fonctionner et produire de l’électricité. L’avant du moulin a la forme d’une proue de bateau afin de résister aux fortes crues, car l’eau peut monter jusqu’au toit en période de crues. L’été, depuis 1973, l’activité est complétée par la location de canoës.

4• Le vieux village

LaMalene-village

Les ruelles étroites et sinueuses, sous la barre rocheuse, confèrent au vieux bourg un charme certain avec le long des petites maisons typiques parfois semi-troglodytiques. Il fait bon y flâner au calme. La Malène a connu des heures difficiles après la révolution française suite à une contre-révolution royaliste : ces derniers portaient la cocarde blanche, clamaient « Vive le Roy », et refusaient de renier leur foi. En juin 1793 une vingtaine de malénais ont été conduits à Florac pour y être guillotinés. En octobre, les révolutionnaires sont revenus. Ils ont pillé et incendié les maisons. La barre rocheuse noircie porte encore les traces de cet incendie.

5• Église

Eglise La Malène

L’ église Saint-Jean-Baptiste du XIIe siècle est un petit joyau de l’architecture romane. Sa sobriété ne vous laissera pas indifférent. Vous pourrez vous attarder devant le tableau de Luis Tristan de Escamilla (élève de El Gréco) représentant Saint Jérôme. Datant du XVIIIe siècle, il est classé Monument Historique. Une chapelle est dédiée aux Martyrs de La Malène de 1793.

Castel Merlet,

un nid d’aigle Mérovingien

castel-merlet

Sur une surface de 1 hectare, à 300 m au-dessus du village, c’est là qu’au VIe siècle fût construit le castellum de Malena. Une position défensive indéniable, mais aussi un lieu de pouvoir et de puissance. Ce site est sans doute la plus vieille forteresse mérovingienne connue en France. Depuis 2008, des découvertes sont faites : des maisons à colonnades, des amphores, des thermes romains… Les bâtiments étaient somptueux pour l’époque et le commerce semblait florissant. L’Histoire nous apprend aussi qu’Hilaire a réussi à sauver le castel de la menace des Francs au VIe siècle, mais il a finalement été abandonné un siècle plus tard.

Le site archéologique est interdit au public mais il est visible depuis le Causse Méjean en face.

*Terme d’origine allemande ; Tal “vallée“, Weg “chemin“ : litteralement “chemin vers la vallée“.

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Balade Patrimoine du village de Saint Etienne Vallée Française

plan-dessin

Occupé depuis au moins le néolithique, puis enclave Franque au VIème siècle, le village doit son nom à cette dernière période historique. Saint Etienne n’a pas bénéficié de remparts, ce sont les maisons accolées en cercles concentriques autour de l’église qui en faisaient office. Pierre grise ou rousse du pays, le schiste des murs est égayé par la présence de gros quartz blancs. Pour les toitures, l’usage fréquent de la tuile romane se mêle harmonieusement à celui de la lauze.

Quelques monuments remarquables :

Le château de Cambiaire

Du château d’origine ne subsistent que le donjon, les trois tours d’angle et une partie du rez-de-chaussée. En effet, l’ensemble a été restauré dans la seconde moitié du XIXe siècle dans le style néo-médiéval en faveur à l’époque : terrasse sommitale du donjon crénelée et adjonction d’une petite tourelle couverte d’un toit en poivrière, construction d’une chapelle… Incendié par les allemands en avril 1944, en représailles d’un attentat contre leurs troupes, la reconstruction de ses toitures prive deux de ses tours de façade de leur toit en poivrière. Le parc planté de châtaigniers et de cèdres l’entoure. Cette grande bâtisse est aujourd’hui reconvertie en structure touristique.

le château de Cambiaire

le château de Cambiaire

– Le Temple

Le village est doté d’un temple avant 1610. La guerre des Camisards qui va embraser les Cévennes du 24 juillet 1702
jusqu’en 1704, n’épargnera pas le Temple. Celui-ci sera détruit dès la révocation de l’Edit de Nantes comme tous ceux du Royaume à l’exception de celui du Collet de Dèze. Du temple originel ne subsiste qu’un pan de mur, que l’on peut apercevoir face à l’internat du collège. Il fallut attendre le 23 février 1836, pour qu’un projet de reconstruction soit adopté. Comme tout édifice consacré au Culte Réformé, il est extrêmement sobre dans sa conception, il y a lieu cependant de signaler les belles colonnes qui supportent les tribunes.

Le temple

Le temple

– L’église

La construction de l’église s’est faite par à-coups successifs au fil des siècles. Il ne reste que peu de chose de la chapelle primitive construite IXe siècle ou Xe siècle : l’arc d’entrée situé à droite du proche actuel. Agrandie et dotée d’un clocher aux XIVe siècle et
XVe siècle, elle ne connaitra sa forme définitive qu’en 1686.

le clocher de l'église

le clocher de l’église

– Cap de ville

Les ruelles datent du XVe siècle, elles sont caladées parfois en pas d’ânes ou taillées dans le rocher de même que l’assise des maisons. N’hésitez pas à vous perdre dans le dédale de ces ruelles, ou vous trouverez des encadrements de porte remarquables, des rez de chaussée taillés dans le rocher, de saignées d’évacuation taillées dans le roc…

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Pourquoi «vallée française» ?
L’origine du nom de Vallée Française a donné lieu a bien des interprétations. Pour certains, il s’agirait d’une Vallée Franche ou déchargée d’impôts. Pour d’autres, cette vallée aurait été occupée par les Francs au moment des invasions sarrasines. Les historiens contemporains s’accordent pour penser que l’origine de ce nom viendrait du fait que cette vallée était une avancée Franque dans la Septimanie wisigothique (entre le Vème et le VIIIème siècle).

L’Office de Tourisme met à votre disposition une fiche rando, le sentier d’Auriols, petite randonnée en boucle qui démarre au centre du village et se termine par un magnifique coin baignade, la cascade du Martinet. La fiche est téléchargeable ICI.

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Col de Finiels, sentier des pelouses du Mont Lozère

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Le col de Finiels offre une vue imprenable sur le Mont Lozère. Il est situé sur la D20, qui relie le Pont-de-Montvert au Bleymard dans la haute vallée du Lot. Le sommet de Finiels, à proximité, culmine sur le massif à 1 699 m. Il est accessible à pied depuis le parking. Une fiche guide existe et permet de se balader sur le sentier d’interprétation « La pelouse du Mont Lozère » disponible à l’Ecomusée du Pont de Montvert et dans les Offices de Tourisme de la zone.
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> Découverte du patrimoine Unesco : Le Lozère, haut lieu de la transhumance.
Les pelouses d’altitude se situent entre 1300 et 1700 mètres. Ce sont de grands espaces ouverts à la végétation basse, composés de buissons ou de graminées ainsi que de nombreuses tourbières. La rudesse du climat, la pauvreté des sols et la présence de grands troupeaux en transhumance maintiennent ce type de paysage.
A partir du col, on aperçoit également des bornes. Autrefois limites des possessions hospitalières, ces gros blocs de pierre taillée sont gravés de la croix à huit pointes, symbole de l’Ordre.

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