Florac: Le Groupe de Reconnaissance et d’Intervention en Milieux Périlleux: unique en France!

Le Groupe de Reconnaissance et d’Interventions en Milieux Périlleux, dit le GRIMP a vu le jour en 1984 sur la commune de Florac.

Sous l’impulsion et la démocratisation des sports extrêmes de pleine nature, tels que la spéléologie, l’alpinisme ou encore le canyoning, les besoins de secours se sont multipliés! Ainsi l’idée d’harmoniser et de former les pompiers aux techniques les plus minutieuses est venue de Monsieur Serrano Pierre. Celui-ci avait bien compris l’intérêt d’organiser ces formations au sein des Cévennes, au vue des différentes configurations que nous offre notre environnement: ravins, gouffres, et roches en schiste, calcaire ou granite.

C’est ainsi que depuis 1993, chaque année plus de 200 pompiers venus de la France entière, mais aussi d’autres pays, viennent dans notre petite commune pour être formés comme équipiers ou comme chef d’unité. C’est sur un pont désaffecté, traversant la Mimente, que les exercices se multiplient jusqu’à six par jour. Casque sur la tête, cordes sur les épaules et mousquetons à la ceinture, il nous est pas rare de les apercevoir!

La méthode française de secours attire les pompiers du monde entier car elle préconise l’emploi de matériel moins lourds contrairement à sa concurrente anglo-saxonne! Ainsi le GRIMP a accueilli plus de 2500 pompiers venant des Émirats Arabes Unis, Chili, Mexique, Algérie ou encore Portugal. Ils attirent également les entreprises de travaux en hauteur mais aussi l’administration pénitentiaire pour former des unités spécialisées pour déloger les détenus qui occuperaient les toits.

 

 

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Sainte Enimie, l’histoire légendaire des Gorges du Tarn

Vous désirez allier authenticité et sensations? Le village médiéval de Sainte Enimie, situé dans les Gorges du Tarn entre le Causse Méjean et le Causse de Sauveterre, nous offre un moment d’exception grâce à ses petites ruelles pavées et ses jolies terrasses ensoleillées bordant la rivière du Tarn. Classé parmi plus beau village de France, fier de son histoire, ce petit village propose de multiples activités nautiques et sportives et propose un programme d’animations varié pour le plus grand plaisir de ses habitants, et de ses visiteurs!

Étape indispensable lors de votre prochain séjour en Lozère, nous allons vous dévoiler la légendaire histoire de « notre belle Sainte Enimie » et vous ferons découvrir les moindres recoins de ce village pittoresque.

La légendaire histoire de Sainte Enimie.

Bien qu’habité depuis les premiers hommes, le village doit son nom d’aujourd’hui à une princesse de sang royal, fille de Clotaire II et sœur de Dagobert 1er, nommée Enimie. C’est à la fin du VIème siècle, qu’est née l’incroyable histoire de Princesse Enimie.

Notre Princesse Enimie était dotée d’une beauté exceptionnelle et brillait par l’éclat de ses vertus, ce qui attirait de multiples prétendants. Ayant voué sa vie à Dieu, celle-ci les repoussait les uns après les autres, au grand désespoir de son père qui désirait offrir sa main à un riche Baron du royaume. Ne pouvant convaincre ses parents, elle sollicita les faveurs de Dieu afin de perdre sa beauté. Sa prière fut alors exaucée. Son charme exceptionnel laissa alors place à une affreuse lèpre qui souilla le corps de la jeune princesse. Anéantie de chagrin, le Roi consulta les plus grands médecins, mais aucun ne furent dans la capacité de trouver un remède contre ce mal divin. Pendant des longs mois de souffrances, la jeune Princesse implora le ciel et c’est alors qu’un ange lui apparut. Celui-ci lui ordonna d’aller se baigner en Gévaudan dans la fontaine de Burle. Instruit de la miraculeuse vision de sa fille, le Roi lui fit préparer une escorte digne de son rang, et après de longues chevauchées et de nombreuses péripéties, la Princesse arriva en bordure du Causse de Sauveterre. Des bergers la guidèrent jusqu’à la source, Enimie se baigna et son mal mystérieux disparut.

Satisfaite de son miracle, la troupe reprit le chemin du retour, mais à peine est-elle arrivée à la couronne du Causse, que la maladie de la belle Princesse réapparut. C’est alors qu’à maintes reprises, Enimie revint se baigner, mais plus elle avançait dans son retour, plus la maladie empirait. C’est alors qu’Enimie comprit que Dieu l’appelait en ce lieu miraculeux, au cœur des gorges sauvages et païennes. Une partie de la troupe l’accompagna, et une autre partit informer le Roi des volontés divines faites à sa fille. Ainsi, installée à Burlatis (ancien nom du village au Moyen-Age évoquant la source), la Princesse décida d’évangéliser la région. On dit alors qu’Enimie entrât en conflit avec le diable et qu’elle le poursuivit jusqu’aux fameux Pas de Soucy avec l’aide de l’Évêque Saint Ilère, où grâce à son appel, le diable fut écrasé sous d’énormes blocs de pierre qui se détachèrent de la montagne. Par la suite, et avec l’aide de son père le Roi, Enimie fonda un couvent de religieuses qu’elle nomma Abbesse. De plus, elle créa le monastère, que l’on peu encore apercevoir aujourd’hui en haut du village (collège de Sainte Enimie, ouvert juillet-août pour des visites), où elle y installa des moines.

La Princesse Enimie se retira ensuite dans une grotte où elle vécut en ermite, d’où vient le nom d’ermitage donné à la chapelle qui domine le village. Sentant ses dernières heures arriver, le Roi  dicta ses dernière volontés à ses filles, qui étaient de placer son cercueil au-dessous de celui de sa filleule qui portait également le nom de Enimie.

Sainte Enimie, un voyage à travers le temps.

Notre découverte du village de Sainte Enimie débute par son église Notre Dame du Gourg. Inscrite aux Monuments Historiques depuis 1985, cet édifice fut édifié à la fin XIIIe siècle, voir même au début XIVe. On peut reconnaître par son architecture dépouillé, le style roman tardif. « Gourg »signifiant « tourbillon d’eau », fait ici référence à la source de Burle dite miraculeuse, si l’on en croit la légende! Nous apercevons alors le portail roman de l’église à deux voussures (courbure du profil d’une voute), qui autrefois permettait d’accéder au cimetière qui se trouvait sur la place de l’église. Le cimetière fut déplacé sur l’autre rive du Tarn au moment des travaux de la route de Mende et du réseau d’eau potable (1934).

Rentrons à l’intérieur! Son architecture nous présente une nef primitive de trois travées régulières, voûtées en berceau plein centre. Nous comptons alors 5 chapelles, dont deux qui ont été rajoutées successivement. Le clocher de l’église fut ré-haussé deux fois, afin de permettre à l’ensemble des habitants du village, d’entendre l’appel des cloches. Nous découvrons le patrimoine mobilier remarquable, classé le plus souvent aux Monuments Historiques, et qui a miraculeusement échappé aux carnages de la Révolution Française.

Nous empruntons ensuite la rue « del Sèrre », voie principale qui nous permet d’accéder aux hauteurs du village. Nous apercevons le monument aux morts, mais également une petite placette offrant en son centre un fût de colonne et un chapiteau à feuilles d’acanthes datant du XIIe siècle et qui témoignerait de la splendeur des éléments lapidaires de l’ancienne Abbaye. En sillonnant cette ruelle, nous pouvons voir certaines pierres tombales de l’ancien cimetière communal entreposées dans des niches, ainsi que l’ouverture de style gothique sur la face nord de l’église. Sur notre gauche se dresse une statue représentant un homme en tunique et pourpoint, appelé Saint Ferréol ou Saint Symphorien. Cependant, son livre ouvert (signe de l’Apocalypse) nous laisserai à penser à une représentation de Saint Jean.

Nous continuons notre chemin pour arriver sur la Place du Presbytère. Réservée exclusivement aux paysannes lors des jours de marché, elles y négociaient leur production notamment le beurre de brebis. Nous observons alors une belle demeure datant de l’époque médiévale, à double encorbellement. Sa structuration permettait à l’époque de gagner de l’espace sur sol, mais aussi de diminuer les impôts au sol. Sur notre droite, nous pouvons voir que la ruelle descend jusqu’à la place des Oules (mot occitan signifiant marmites ou poteries), qui avait pour fonction d’accueillir les potiers, et plus tard le boucher qui utilisait cette place pour tuer le cochon.

Nous traversons la halle au blé, là où on effectuait les négociations pour les céréales et les produits des causses et des vallées. La mesure à grains, en pierre, était située autrefois au centre de la place. On peut encore apercevoir le gond de l’ancien clapet de fermeture et les crochets qui servaient à retenir le sac de récupération. Dans l’angle de la place, nous distinguons également une très belle demeure faite en tuf, aujourd’hui rénovée. Nous nous dirigeons ensuite vers les « Faïsses ». Ces terrasses de terre légèrement penchées permettaient de capter au mieux les rayons du soleil. Soutenues par des murets de pierres sèches, on y cultivait des légumes, la vigne et des arbres fruitiers tels que l’amandier ou encore le noyer. Cependant, la pénibilité du travail, l’exode rural, et l’impossibilité de mécanisation sur ces jardins ont eu raison de ces cultures au sein des Gorges du Tarn.

Notre visite s’oriente vers la rue de la Privadenche. L’origine de son nom reste encore partagée, certains disent qu’elle viendrait de la famille Privat qui occupait cette rue durant le XVIIIe siècle, et d’autres poussent à croire qu’elle a eu une fonction sanitaire d’où sa signification en latin médiéval « privata » qui désignait les lieux d’aisances. On découvre ici, une belle maison datant du Moyen-Age à colombages, dont les poutres ont été noircies. On suppose ici un incendie ou un enfumage dans le but d’éviter les propagations d’épidémies. Vous apercevrez, comme nous, sur la porte trois chardons à feuilles d’acanthes. Cette fleur protégée depuis peu, a pour fonction de baromètre et protège aussi des mauvais esprits. Elle est devenue le symbole de notre pays calcaire. Non loin, nous retrouvons un parfait exemple d’une échoppe (boutique) datant de l’époque médiévale. Ce lieu de fabrique, mais également lieu de vente, possédait un logis à l’étage.

Passant par le Portal Chabrits (une des cinq entrées du village), nous nous arrêtons pour admirer l’ermitage. Ce lieu est destiné à protéger la grotte où la Princesse Enimie aurait vécu et fini sa vie. Il abrite deux chapelles, dont une construite au Xe siècle et une autre au XVe siècle. Il faut savoir que chaque premier dimanche d’octobre, jour présumé de la mort d’Enimie, se déroule un pèlerinage dédié à la Sainte. Ce sentier caillouteux peut devenir l’objet d’une petite balade d’une demie heure. Une fois arrivé en haut, la vue vous offre un magnifique panorama sur le village de Sainte Enimie, les jardins en terrasse, et le canyon des Gorges du Tarn.

Nous passons par la Place du Plo dominée par les restes des fortifications du monastère pour ensuite atteindre la salle capitulaire « Lou refectou » (ouvert en juillet août). Construite au cours du XIIe siècle, cette vaste pièce était autrefois le réfectoire des moines. Elle accueillait également les pèlerins et les voyageurs de passage. On peut encore distinguer sur les murs des décors d’acanthes et des visages humains. Au cours du XIXe siècle, sur la plate-forme du toit, les anciens y apportaient de la terre pour y cultiver l’amandier. Les vestiges de l’Abbaye ont ensuite été classés au titre de Monuments Historiques en 1932. Nous nous dirigeons ensuite vers la Chapelle Sainte Madeleine datant de 1235 et offerte à l’abbaye par le Baron Guillaume de Cénaret. Nous pouvons distinguer son style Roman, extrêmement dépouillé, voir quasi militaire. Autrefois entourée du cimetière conventuel, elle fut transformée en bergerie après la Révolution Française, pour être enfin rachetée et rénovée par la mairie du village en 1956. Dans le prolongement de la chapelle, nous apercevons ce qui fut autrefois le rempart septentrional de l’abbaye, et à l’entrée du collège se lèvent les restes d’une tour de la fortification du monastère.

Notre parcours nous emmène maintenant vers la rue de la Combe. Longeant les remparts de l’Abbaye et le ravin, elle était autrefois appelée en occitan « lou balat ». Il est dit qu’en période de fortes pluies, les femmes y venaient rincer leur linge. La rue fut envahit peu à peu par les habitations le long du rempart, et fut utilisée comme voie de transhumance pour relier le village à la ville de Mende. Nous nous obligeons à faire un petit détour par le début du sentier du Domaine des Boissets qui se trouve à notre droite, pour admirer la vue sur les vestiges de l’Abbaye, l’ermitage et le pont. Nous continuons sur la rue Basse, autrefois rue principale du village qui reliait Florac à Sainte Enimie. Cette rue nous conduit alors vers les attractions touristiques, commerces, restaurants, bars  qui s’offrent à nous, pour une pause bien méritée. C’est de là que nous avons la chance d’observer le pont. Datant du XIXe siècle, il a été maintes et maintes fois reconstruit dû aux crues régulières du Tarn. Autrefois, ce pont fut gardé par une quarantaine d’hommes d’armes afin de surveiller le village. On observe encore sur le promontoire rocheux surplombant l’édifice, sur la rive gauche, la présence de hautes murailles.

Nous terminons notre visite par la fameuse et miraculeuse source de Burle. La vertue de cette eau de source, chargée en sels de cuivre, serait de soigner les maladies de peau des Hommes et des animaux. De nos jours, personne n’a encore trouvé l’origine exacte de la source, mais des spéléologues ont découvert un « aven » quarante cinq mètres en dessous du Tarn. Il faut alors savoir que la clarté du bassin est trompeuse, la profondeur atteint aujourd’hui plus de 7 mètres de profondeur. C’est une des plus importantes résurgences alimentant le Tarn.

 

Pour plus d’informations sur le Village de Sainte Enimie, n’hésitez pas à contacter l’Office de Tourisme !

 

 

 

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A Florac, rencontre avec Guillaume Sapin, cinéphile actif

portrait Guillaume Sapin

Florac est une commune qui se distingue par ses nombreuses associations, et donc par la multiplicité des évènements culturels qui y sont proposés toute l’année. En dehors du mythique Festival de la Soupe, mais pas si loin (car ici tout le monde se connaît), Florac a la chance de compter parmi ses habitants un certain nombre de mordus de cinéma, avec parmi eux, Guillaume Sapin, qui œuvre depuis près de 10 ans à l’accès à la culture en milieu rural, à travers son domaine de prédilection, le 7ème art. Revenons un peu sur le parcours de l’un des responsables de « La Nouvelle Dimension », avant d’aborder l’actualité et les projets…

Il y a une petite dizaine d’années, Guillaume suivait un cursus de géographie à la fac de Dijon… Comme beaucoup d’étudiants, il avait besoin de travailler pour financer ses études, et M. Hasard (que certains appellent aussi M. Destin) vint le chercher pour lui proposer un petit boulot déterminant, celui de salarié dans un vidéo-club. C’est la révélation : Guillaume devient boulimique de films et se forge très vite, sur le tas, une solide culture cinématographique. Loin d’abandonner ses études de géo pour l’instant, il a réussi à joindre l’utile et l’agréable : financer ses études et s’éclater au milieu des films, sans trop savoir où tout cela pourra bien mener… Et puis, le jeune homme a toujours un fort intérêt pour la nature, il participe donc à la création d’une association de défense de l’environnement et souhaite devenir accompagnateur moyenne montagne au terme de ses études de géo. Mais la passion du cinéma va prendre progressivement le pas sur le reste et il finit par abandonner ses études pour se consacrer pleinement à la gestion du vidéo-club.

 Ce n’est pas le cinéma qui va appeler Guillaume à Florac mais comme beaucoup une certaine passion pour les grands espaces, accompagnée d’un projet concret. Il arrive donc en Lozère en 2006, ayant été reçu en BTS Gestion et Protection de la Nature, formation alors dispensée par le CFPPA. Mais sa passion pour le cinéma le rattrape à nouveau et l’annonce de la vente du vidéo-club de Florac, tenu alors par Lola, représente une réelle opportunité pour développer quelque chose en lien avec l’image animée en Lozère, d’autant qu’en même temps, le vidéo-club de Dijon venant de fermer, un stock de 1500 DVD est disponible. Les conditions sont réunies pour le début d’un beau projet. Guillaume réunit les moyens pour l’achat du local, situé rue Armand Jullié, récupère le stock de DVD dijonnais et la « 4ème Dimension » voit le jour.

Par rapport à un vidéo-club classique, celui de Florac se distingue vite par une approche non restrictive du cinéma, embrassant tous les genres, du film d’horreur au film d’auteur… C’est un vidéo-club cinéphile qui cherche déjà à transmettre une vision large de ce que peut être le cinéma, un espace de création autant que divertissement. Pour porter le projet, il faut un maximum d’énergie et être prêt à travailler bénévolement, mais comme les choses commencent à fonctionner, Guillaume interrompt à nouveau sa formation d’accompagnateur moyenne montagne (définitivement?), et son ami Gilles Follea le rejoint. Les deux amis se consacrent à fond au vidéo-club.

Différents projets d’animation voient vite le jour : le ciné-club du dimanche, des cycles de films d’un même réalisateur sur une semaine, des cycles thématiques… Un groupe de passionnés de cinéma se forme à Florac et entre en contact avec d’autres cinéphiles lozériens, c’est ainsi que l’association des Ciné-clubs de Florac voit le jour et vivra 5 ans, de 2008 à 2013, le temps de proposer une longue série d’animations, de projections non-commerciales, autant de petites célébrations du 7ème art à la campagne, sous la forme de projections et d’animations conviviales. En parallèle des gens bizarres qui ne peuvent plus s’arrêter de causer dès qu’on prononce le mot « cinéma », « Les Cinéphages Associés » apparaissent sur la radio locale Radio Bartas, qui ne sont autres que Marc, Yann, Gilles, Fx…

cinephages

Fruit du partenariat avec d’autres association lozériennes cinéphiles, le festival des « Rencontres des ciné-clubs de Lozère » voit le jour en 2010. Chaque édition annuelle décline une thématique avec par exemple : le cinéma japonais, le cinéma indépendant new-yorkais… Progressivement l’activité se recentre sur Florac et le festival prend le nom qu’on lui connait aujourd’hui : 48 images seconde.

 

 

Le Festival 48 images seconde

Affiche-quebec-web

Après avoir exploré le Japon, le western ou les contrées mystérieuses du fantastique, l’édition 2015 a remporté un succès sans précédents avec la thématique du Québec. Le festival prend un nouveau virage. L’édition 2016 mettra à nouveau le cinéma québécois à l’honneur tout en proposant un coup de projecteur sur le méconnu cinéma inuit. Daniel Racine, animateur cinéma spécialiste ès jurons québécois, sera à nouveau à Florac pour lui déclarer sa flamme. A tous publics et structures partenaires seront proposés de stages d’animation ou des stages plus techniques… A suivre.

Autour du comptoir-vidéo qui propose à la location un choix de plus de 4000 films, les activités de l’association se diversifient… Pour l’année 2015-2016, on pourra compter sur :

–          Une fois par mois, un cours du soir sur le thème des adaptations littéraires au cinéma, avec par exemple des études de « Carrie » de Stephen King adapté par Brian de Palma, Shakeaspeare adapté par Orson Welles… Ces cours sont proposés en participation libre.

–          Des stages thématiques de trois jours autour de réalisateurs qui ont marqué le cinéma, ou des réalisateurs plus méconnus ou a réhabiliter. Les prochains stages : Thierry Jousse viendra nous parler de David Lynch du 2 au 4 octobre, puis ce sera au tour de Clint Eastwood (non, pas en personne, faut pas rêver !)…

stage

Stage sur le cinéma québécois pendant l’édition 2015 du festival. Avec Sylvain Garel et Daniel Racine.

–          Guillaume devrait intervenir tous les trimestres sur un film programmé par Cinéco à La Genette Verte. Il proposera un débat après la projection.

–          Le partenariat avec le collège va se poursuivre…

Depuis 2014, à la suite de l’arrêt du ciné-club de Florac, La 4ème dimension est devenue «Nouvelle Dimension », centre de ressources et d’activités autour de l’image animée et du cinéma. Guillaume et Lise, qui s’occupe principalement du comptoir vidéo, sont les deux salariés. Auprès d’eux s’active une dizaine de bénévoles, parfois plus… L’association est aujourd’hui très active, elle s’ouvre définitivement à tous les publics, des cinéphiles aux simples curieux… Fin octobre, on fêtera l’arrivée de Doc et Marty en 2015 et il sera possible de voir ou revoir « Retour vers le Futur » 1 et 2…

Des animations loufoques ou plus sérieuses, la possibilité de comprendre comment les images sont fabriquées, de mieux savoir les lire, de découvrir des auteurs en compagnie de spécialistes, d’apprendre à animer une séance, voici un panel de ce que peut proposer « La Nouvelle Dimension » en 2015, association atypique en milieu rural qui œuvre pour la diffusion et l’initiation au cinéma en dehors des circuits commerciaux représentés par les salles.

Guillaume s’est bien installé en Lozère et il vit à la campagne avec sa compagne et ses deux enfants… Il fait partie de ces personnes qui peu à peu, sont parvenues à vivre de leur passion. Et les choses ne sont pas prêtes de s’arrêter car comme il le dit lui-même : « Ici, tout est encore à créer »…

Pour aller plus loin (activités, infos pratiques…) :

La Nouvelle Dimension

Le Festival 48 images secondes

 

 

 

Merci beaucoup Guillaume !

écrit par Rémi Quéron.

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Florac à travers l’histoire

Nous vous présentons quelques eléments de l’histoire de Florac qui aide à comprendre la ville d’aujourd’hui.
Nous proposons en fin d’article, un parcours de découverte de Florac, plus petite sous préfecture de France et capitale du Parc national des Cévennes  et centre administratif en charge de la gestion du bien classé Unesco.

L’époque gallo-romaine et un certain Florus

Nous connaissons très peu de nos ancêtres gaulois, sinon qu’ils appartenaient à la tribu des GABALES (plus tard les Gévaudanais)

A l’époque gallo-romaine, Florac n’était sans doute qu’un domaine rural. Un  village troglodyte existait pourtant dès l’Âge du Bronze dans les rochers de Rochefort (1054 m d’altitude) où fut construit le premier château féodal.

Il existe plusieurs versions de l’origine du nom « FLORAC »: ce nom dériverait du latin « Flor Acqus » qui signifie « Fleur des Eaux ». Il est vrai que cette romantique appellation convient très bien à Florac qui est traversée par trois rivières (Tarn, Tarnon, Mimente) et une résurgence (le Pêcher).  Cependant les étymologistes ont, quand à eux, une autre version : il existait sur l’emplacement actuel de Florac un domaine appartenant à un certain Florus, sujet romain. En effet les noms finissant par « AC » comme Florac, Ispagnac, Quezac sont formés du suffixe latin « Acum » qui désigne un lieu, un domaine, du nom de son propriétaire. L’emplacement de ce domaine n’a jamais été retrouvé. En revanche, des vestiges gallo-romains ont été découverts sur l’emplacement actuel du village de vacances, notamment des poteries. Un village de potiers se trouvait-il sur cet emplacement?

Le moyen Age sous la baronnie d’Anduze

C’est autour du quartier du Fourniol, sur la petite hauteur qui domine le Vibron et au pied de l’église, que s’installe le village médiéval.

Dès, le XIIème siècle, Florac est une petite ville. Ses maisons sont groupées autour de l’église et autour du château (construit à l’emplacement de l’actuel château) séparés par le Vibron. Vers 1130, des moines bénédictins de l’abbaye de la Chasse-Dieu construisent un couvent.

En 1215 le territoire est attribué à Raymond d’Anduze, qui devient le baron de Florac. Ce sont les armes de cette famille qui constituent les armoiries de la ville.  Vers le Vème siècle, la région est christianisée par les moines de l’Abbaye de St Gilles dans le Gard. Une paroisse est créée à Florac et la première église construite. Vers le IXème siècle, un premier château est construit au sommet de l’un des rochers dominant Florac, le rocher de Ste Lucie. Il en reste de maigres vestiges avec les ruines d’une chapelle.

Les remparts de Florac

La ville est entourée d’un fossé. Située en un lieu de passage, Florac devient une petite cité commerçante. Ses marchands en relation avec le Gévaudan, les Cévennes, le Bas Languedoc et le Vivarais, font commerce de bois, de mulets, de draps et de sel. Les transhumants se rendant sur le Mont Lozère traversent la ville avec leurs troupeaux, et laissent des péages qui constituent un revenu non négligeable pour la ville.

Florac en 1683

 

Après la guerre de 100 ans, des bandes de pillards, aventuriers de tous les pays, auxquels on donnait le nom de « routiers » ou « Anglais », sévissent dans la région. Sur les pentes du Mont Lozère une compagnie de plus de 1000 routiers rôde: Florac est en danger. Les Floracois s’empressent d’ériger les remparts. Malheureusement la construction n’était pas finie lorsque la compagnie des routiers s’empare de la ville et la brûle en mars 1363. Les remparts seront reconstruits en 1364 avec l’aide du pape Urbain V, qui montre ainsi son attachement à son pays natal (il est né à Grizac). La cité est donc fortifiée par une enceinte à douze tours et deux « portes »: la porte Nord dite « du Thérond » et la porte Sud dite porte d’Anduze.

Florac achète ses « Libertés »

Le 20 septembre 1291, moyennant le paiement de 400 livres, les habitants de Florac achètent leurs « libertés » à leur Seigneur, Pons de Montlaur, mari d’Isabeau d’Anduze, baron de Florac. Une charte accorde le droit à la population d’élire deux consuls, et prévoit plusieurs mesures pour éviter l’arbitraire seigneurial.

La Réforme et les guerres de religion

La Réforme pénètre en Cévennes grâce à des colporteurs venus de Genève. Ils apportent dans leurs ballots des bibles et certifient que sa lecture remplace la messe. La population de Florac dans sa grande majorité, accueille les idées de la réforme: la première communauté de l’Eglise Protestante date de 1560. Antoine Coppier en est le premier ministre de la parole. Les Protestants, par horreur du culte des images, démolissent la veille église et s’approprient le cimetière. Ils bâtissent le premier temple sur l’emplacement actuel de l’église.

Cette nouvelle religion fait figure d’hérésie et provoque l’inquiétude des autorités royales. Les années de 1564 à 1598 vont voir s’embraser les Cévennes dans une guerre de religion sanglante
Les guerres se terminent sous le règne d’Henri IV par la proclamation de l’EDIT DE NANTES (1598) reconnaissant la liberté de conscience aux protestants. Après la mort d’Henri IV, la guerre civile reprend jusqu’à la Paix d’Alais (aujourd’hui Alès) en 1629, Louis XIII supprime aux Protestants les places de sûreté et les garnisons. A Florac, le temple et les remparts sont rasés, l’église reconstruite. Les prédications auront lieu à la halle aux blés (aujourd’hui la mairie). En 1646 un nouveau temple est inauguré, Florac compte alors 1.175 protestants pour 211 catholiques. Enfin un retour à la paix ? Pas pour longtemps en 1685, Louis XIV révoque l’EDIT DE NANTES: sa devise est on ne peut plus explicite  » UNE SEULE FOI, UNE SEULE LOI, UN SEUL ROI « . Le culte protestant est interdit. Défense est faite d’enterrer les morts protestants dans les cimetières paroissiaux. Ils sont donc ensevelis dans les propriétés privées, cimetières familliaux (Vous trouverez certainement, au cours de vos promenades des tombes dans les jardins, témoins de la foi protestante). Le temple est à nouveau détruit; Les « maçons » de l’époque auront bien souvent travaillé pour rien! Le seul souvenir de ce temple est la ruelle appelée « passage du Temple » entre l’esplanade et la rue Armand Jullié.

Florac pendant la guerre des Camisards,

Partout en Cévennes s’organisent des assemblées du Désert (culte clandestin). Durant la nuit du 23 au 24 septembre 1689, une centaine de Cévenols armés assistent à une assemblée du désert à la Can de l’Hospitalet (plateau à une vingtaine de kilomètre de Florac). Lors de cette assemblée ils décident d’attaquer Florac ou stationnent des dragons du roi. Ils sont conduits par François Vivent, un Cévenol exilé qui a pour mission de soulever les Cévennes. Cette attaque avorta mais elle annonçait une révolte armée. (François Vivent sera surpris par les dragons en 1692 dans une grotte près d’Anduze et tué).

Avec  l’assassinat, au Pont de Montvert, de l’abbé du Chayla en juillet 1702, les Cévennes entrent alors dans le tragique épisode de la guerre des « CAMISARDS » (ce nom est du à la « camise » blanche ou chemise, en français, portée par ces combattants sans uniforme).

S’ensuit entre les insurgés et les dragons du roi une série de batailles sans pitié qui ne prendront fin qu’avec la reddition ou la capture des derniers chefs camisards vers 1705. Entre temps, les Protestants ont vécu les années de répression les plus noires, notamment avec la destruction des hameaux huguenots (« Le Grand Brûlement des Cévennes ») organisée par les autorités pour regrouper les infidèles à la foi catholique. La répression a condamné de nombreux Camisards, ou simplement des participants d’une assemblée clandestine, à la potence, les galères ou l’emprisonnement à vie, pour les femmes, dans la tristement célèbre Tour de Constance à Aigues Mortes. Néanmoins, la Guerre des Camisards deviendra le symbole de la lutte pour la liberté de conscience. Elle aura profondément marqué la mentalité des Cévenols, toujours prompts à défendre les libertés.

L’Histoire du protestantisme en Cévennes est retracée au Musée du Désert (Au Mas Soubeyran près d’Anduze). Chaque année s’y tient, le premier dimanche de septembre, le grand rassemblement des Protestants.

Florac révolutionnaire

La rédaction du Cahier de Doléances de Florac date du 12 janviers 1790. Le 5 février 1790 le Gévaudan devient le département de la Lozère.

En 1791, un notaire protestant, François Dalzan Delapierre, était accusateur public auprès du tribunal. Il contribua à faire condamner à mort des contre-révolutionnaires (contre-révolution lozérienne de 1793). C’est ainsi que Florac vit arriver la guillotine depuis Rodez pour l’exécution de quarante contre-révolutionnaires arrêtés pour la plupart à la Malène.

Des « Temps modernes » à ce siècle;

A l’apogée démographique du XIXe s, la cité vit de l’élevage, de la fabrique des tissus en laine (les cadis) du commerce (soie, bestiaux, fruits), et de son rôle administratif. Un carrefour de voies de communication Situé entre le mont Lozère, les Cévennes et la région des Causses (Méjean-Sauveterre) et des Gorges du Tarn, le sillon creusé par les rivières autour du vallon de Florac constitue un carrefour de communication articulées autour des ponts et gués qui permettaient de franchir les eaux : pont de la draille, gué et pont du Tarn (1653), pont de Barre (1693) et pont de la Bécède (1665-1708).

Florac était une région très agricole mais vivait aussi du commerce des cocons, des vers à soie, produits dans les magnaneries des Cévennes. Cette activité avait apporté aux Cévennes une certaine prospérité. On peut même dire, compte-tenu de la pauvreté des terres agricoles, que les Cévennes étaient surpeuplées !!!

Le foirail un jour de Foire

La population se répartissait sur tout l’espace disponible et le moindre arpent de terre avait une utilisation agricole (en témoigne le nombre important de hameaux, leur dispersion, et les anciens « bancels » ou terrasse).

A cause des maladies des vers à soie et le développement des fibres synthétiques, c’est la ruine de la sériciculture. Alors, commence une première vague d’émigration vers le bassin minier d’Alès. La révolution industrielle, si elle ne touche pas la région, l’affecte gravement en accentuant l’exode rural au profit des zones urbaines. Les villages les plus isolés sombrent dans l’abandon. Le préjudice subi par cette région, dont toute l’économie était enracinée dans la ruralité, est énorme. A Florac, la dépopulation a connu son apogée au recensement de 1947 avec 1.452 habitants. Aujourd’hui la population est de 2.064 habitants.

L’agriculture a disparu de Florac ainsi que les activités qui lui étaient directement liées. L’activité économique est liée à l’artisanat, au commerce, à l’administration et au tourisme.
La population (1000 habitants en 1679, 1700 en 1734, 2263 en 1852) est demeurée à peu près stable depuis le début du XXe siècle (autour de 2000 habitants) : c’est exceptionnel en milieu rural où la démographie a beaucoup chuté.

Florac Aujourd’hui

La sous-préfecture lozérienne est restée à taille humaine, elle est aujourd’hui un lieu où il fait bon vivre . Ses habitants sont pour la plupart des fonctionnaires, des artisans ou commerçants. Il reste très peu d’agriculteurs sur le territoire de la commune (mais sur la région, l’agriculture modernisée reste un secteur vivace, très liée aux activités d’agri-tourisme).

De nombreux producteurs locaux tiennent boutique à Florac : la maison des paysans, l’atelier du sucre et de la châtaigne… Son marché hebdomadaire du jeudi est un des plus réputés de la région, on y vient pour faire le plein de produits du terroir, mais aussi pour l’ambiance « cévenole » et bon enfant ! Florac c’est aussi un village plein de ressources : un pôle administratif et de nombreux hébergements et des commerces (un des derniers fabricants de jean « made in France » : l’atelier Tufféry est à Florac.)

L’unique école des Pompiers du GRIMP (Groupes de Reconnaissance et d’Intervention en Milieux Périlleux) est aussi à Florac, sous l’impulsion de pompiers passionnés de spéléologie, la région ayant l’avantage d’avoir toutes les configurations possibles: gouffres, ravins, falaises et roches en granit, schiste ou calcaire. Depuis 1993, ils sont chaque année quelques 200 pompiers venus de toute la France mais aussi d’une vingtaine de pays, pour être formés à Florac aux techniques les plus pointues d’interventions en milieux périlleux .

Balade auto guidée

Un itinéraire autour de la Source du Pêcher, du château et des vieux quartiers.
Le plan est placé à proximité de l’Office de tourisme d’où le circuit démarre pour s’achever au château, siège du Parc national des Cévennes.   Plan de ville de Florac gratuit disponible à l’office de tourisme ou à télécharger.

1. L’Esplanade
Le passage de la sous-préfecture est l’un des nombreux passages couverts qui se faufilent sous les maisons : vous venez de traverser les anciens remparts de Florac et vous vous trouvez à l’intérieur de la ville médiévale, à côté de la sous-préfecture. Outre ses beaux platanes centenaires (les plus âgés ont 190 ans) vous y trouverez :
– d’un côté, la statue de Léon Boyer, collaborateur de Gustave Eiffel avec qui il a construit le viaduc de Garabit, mort au Panama en 1883 où il travaillait au percement du canal ;
– de l’autre le temple protestant et le monument aux morts.

2. Le Planet
A partir du Planet, vous entrez dans l’un des plus vieux quartier de Florac, celui du Prieuré créé en 1130 par les moines de la Chaise Dieu (près de Brioude). La cité s’est développée d’abord autour de l’axe de la draille qui traversait le Vibron au pont de la Draille, au pied du quartier du Fourniol (cf. panneau N° 9, actuelle pisciculture) et empruntait ensuite l’actuelle rue de l’église. Au XIIIe siècle, elle n’était protégée que par des fossés remplis par les eaux de la source.
Les premiers remparts datent de la fin du XIVe siècle : ils ne laissaient ouvertes que deux portes, l’une sur le faubourg du château traversé par la « grande rue du Pêcher » (ou grand rue publique allant de Florac à Barre), l’autre sur le faubourg du Thérond (route d’Ispagnac et Mende). Ils protégeaient la ville des compagnies de « routiers », qui profitaient des troubles liés à la Guerre de cent ans, pour piller et rançonner les habitants. Ils parvinrent néanmoins à leurs fins, avant même que les remparts ne soient achevés.
Aux XVIe et XVIIe siècles de nombreux troubles religieux opposant catholiques et protestants ont affecté les Cévennes, causant maintes destructions. En 1622, on entreprend de restaurer les remparts de Florac et quelques années plus tard, alors que Richelieu assiège La Rochelle, le Marquis de Portes assiège Florac, sans succès. Sous les ordres du Duc de Rohan, on renforce de nouveau les remparts mais la capitulation de La Rochelle, Montauban et Montpellier entraîne la signature de la paix d’Alais (juin 1629) entre Richelieu et le Duc de Rohan. Les protestants conservent le droit de pratiquer leur religion mais leurs fortifications sont détruites. C’est le cas des remparts de Florac.
La maison où est installée le panneau est l’une des plus anciennes de Florac : sa tour surveillait la porte du Thérond. C’est aussi le carrefour entre l’ancienne route de Nîmes à Saint-Flour et l’ancienne route de Florac à Séverac par le Causse.

4. La Grand-rue
Dans le prolongement de la rue du Pêcher (en occitan pesquié = vivier) et de la rue du Thérond (mot d’origine gauloise signifiant « la source »), la rue Armand Jullié est l’ancienne rue commerçante, bordée d’échoppes aux devantures caractéristiques. Florac comptait des tanneurs, des potiers, des teinturiers, des bourreliers, des cordonniers, de nombreux sabotiers, des serruriers, des maréchaux ferrants, des tailleurs qui tenaient boutique sur cette rue, l’artère principale du vieux Florac, appelée aussi « grande route de Nîmes à Saint-Flour ». C’est elle que traversaient les caravanes de muletiers qui transportaient les marchandises entre l’Auvergne et le midi, auxquels ont succédé les rouliers et les charretiers. Plus d’une vingtaine de rouliers « remisaient » à Florac au début du XXe siècle : ils y faisaient halte et prenaient des chevaux de renfort pour grimper les côtes qui les attendaient sur la route.

5. L’église Saint-Martin

L’église primitive, celle du prieuré de la Chaise-Dieu, était à l’emplacement de l’église actuelle, entourée d’un cimetière. Entre le XIIIe et le XVe siècle, l’histoire de Florac sera marquée par les rivalités qui opposaient le pouvoir du prieuré à celui du seigneur,
installé de l’autre côté du ruisseau du Bibrou (le Vibron). Elle fut détruite en 1561 et un temple fut construit sur ses ruines.
Les guerres de religion ont plusieurs fois dévasté Florac : le temple fut détruit a son tour, ainsi que l’horloge et le clocher, au début du siècle suivant (1629).
L’église actuelle, d’architecture néoclassique, date de 1833, comme le temple actuel, qui donne sur l’Esplanade. Elle comporte trois nefs,
une abside, une absidiole. Sa voûte en berceau est soutenue par des arcades en plein cintre. Le ‘pré de l’église’ est l’ancien foiral des moutons, bâti sur le vieux cimetière.

6. L’ancien couvent
Cette maison est classée monument historique depuis 1999, pour sa façade, sa toiture et son escalier intérieur qui donne accès à la tour, d’où l’n domine tout Florac. La façade, travaillée avec beaucoup de recherche, est de style Renaissance et date probablement de 1583 (inscription au dessus de la porte) date à laquelle le Sieur de La Clamouze aurait  créé un hôpital dans ce bâtiment.
Au XVIIe siècle elle fut occupée par un couvent des Capucins puis transformée de nouveau en hôpital, siège de la sous-préfecture, et
enfin d’une institution religieuse. Les armoiries qui l’ornaient, ont été saccagées pendant la Révolution.

Dans l’escalier intérieur et sur la façade deux devises sont gravées :
– « Nisi Dominus »: sauf si le maître
– « Multa Renascentur quae iam cecidere » : bien des choses tombées naguère vont renaître.

Maison dite : « de la congrégation », elle est aujourd’hui utilisée comme école privée. Il faut l’imaginer dans le contexte qui était le sien lorsque ce quartier, très peuplé et animé par de nombreuses activités économiques, grouillait de vie.
A la fin du XVIIe siècle, la population citadine était divisée ainsi :
– 15 % d’artisans du textile (fileuses, cardeurs, tireurs de laine)
– 10 % d’ouvriers du cuir,
– 15 % de muletiers, voituriers, hôtes et cabaretiers vivant du passage de ces transports,
– 5 % d’ouvriers du bois,
– 35 % de travailleurs et journaliers,
– 20 % de domestiques.

Tous ces gens avaient également une activité agricole (jardins, vignes, châtaigneraies, bois, prés, terres labourables, petits troupeaux). Vingt pour cent de la population habitait hors les murs, dans les hameaux ruraux.

7. Le Vibron
Le Vibron fut, depuis le début des temps :
– Ressource en eau potable (prises d’eaux) pour alimenter les nombreuses fontaines dans les différents quartiers de la ville, et pour
– L’irrigation des jardins,
–  Energie pour faire tourner jusqu’à 8 moulins (dérivations),
– Vivier où on élevait le poisson (bassins d’élevage),
– Eau courante où on lavait le linge (lavoirs), où l’on traitait les peaux (tanneries) et où l’on évacuait les eaux usées.

8. Le ferradou
Ce « travail » ou « ferradou » servait à ferrer les boeufs. Il est situé sur le foirail, près du poids public, où se tenaient les treize foires annuelles de Florac.
Autrefois, ces foires drainaient toute la population paysanne des alentours et constituaient un élément essentiel de la vie économique et culturelle du pays. Elles étaient un lieu d’échanges entre les régions voisines. On y menait des moutons, des chèvres, des vaches, des boeufs, des cochons, depuis les Causses, les Cévennes, le mont Lozère, et de plus loin encore. On y vendait du vin, des châtaignes, du blé, des fruits, des sabots, des tissus de laine. C’était une vrai fête que certains arrosaient plus que de raison avant de repartir vers leur village !
Aujourd’hui, le bétail n’est plus commercialisé de cette manière, mais des foires plus modestes demeurent, chaque mois, ainsi qu’un marché hebdomadaire, le jeudi.

9. L’ancienne pisciculture
Installée en amont de l’ancien « Pont de la Draille », la pisciculture a continué une tradition d’élevage de poissons probablement très ancienne. Derrière les anciens bassins d’élevage se trouve l’un des anciens moulins de Florac (le moulin de la source). Les moulins servaient à plusieurs usages : mouture du blé, extraction de l’huile de noix, foulage de la laine etc;…

10. La source du Pesquié

La source du « Pêcher » sort d’un gros éboulis par plusieurs venues d’eau (les griffons), dont aucune n’a pu être pénétrée jusqu’à présent.Beaucoup d’eau, en quantité irrégulière.
Débit d’étiage (basses eaux) : entre 80 l/s et 200 l/s
Débit moyen : entre 1 250 l/s et 7 000 l/s
Température moyenne : entre 10°0 et 10°2

D’où vient l’eau qui alimente cette source ?
La roche calcaire possède quantité de cavités, petites ou grandes, qui s’imprègnent d’eau jusqu’à en stocker des quantités considérables. Les sources jaillissent au contact des couches imperméables du sol (marnes, schiste) à la base des calcaires. Mais, compte-tenu de la disposition des couches géologiques ici, et avec la présence de  marnes imperméables qui constituent un replat (La Planilière) à mi-versant, l’au devrait s’écouler en direction du Tarn et il ne devrait pas y avoir de source à Florac !
– Unique
La plus grande partie des eaux drainées par la surface du Causse s »écoule vers l’ouest (du côté du Tarn : Montbrun, Ste Enimie, St Chély, La Malène, Les Vignes). Seule une petite partie (nord-est, entre le Col de Perjuret et Florac) du Causse est drainée vers le Tarnon.
– Obstinée
Entre la source du Pêcher et la surface du Causse se glisse une couche de marnes imperméables dont l’épaisseur varie de 50 à 200 mètres et qui devrait être étanche !  Mais l’eau parvient à passer l’obstacle !
– Hasardeuse
C’est le jeu des failles (fractures de l’écorce terrestre avec déplacement des deux blocs mobilisés) qui, mettant en communication deux zones perméables, rend possible l’alimentation de la source du Pêcher.

12. Château et foirail

Rebâti en 1652, après les guerres de religion, le château de Florac occupe l’emplacement de l’ancien château féodal dont on retrouve mention dès le début du XIIIe siècle. Il est construit sur un mamelon de tuf et cette roche, avec le calcaire, a été utilisée pour sa construction. Le tuf est une roche issue des dépôts de la source : les eaux contiennent du carbonate de calcium qui a emprisonné mousses, brindilles, feuillages… Ces végétaux, en se décomposant, ont libéré les alvéoles creuses qui le caractérisent.
Le château dépendait d’abord de la baronnie d’Anduze (XIIIe siècle) qui régnait aussi sur Alès, Sauve et Sommières. Raymond d’Anduze, baron de Florac, était seigneur de Chabrières, Montvert, Eschamassou (Montvaillant), Pierrefort, Saint-Laurent-de-Trèves, Castelbouc, Montbrun, Javillet, La Balme (Barre-des-Cévennes), Caodaze (Vébron),  Moissac et Saint-Etienne-Valfrancesque. Lui-même rendait hommage à l’Évêque de Mende.Aux siècles suivants, les seigneurs de Florac vont changer :
– A la fin du XIVe siècle, c’est le seigneur de Ventadour, puissante famille du Limousin,
– Au milieu du XVe siècle jusqu’au milieu du XVIe, c’est la famille de Poitiers Valentinois (Diane de Poitiers en fait partie).
– Puis la famille de La Mark (Ardennes), de Montmorency, de Valois : ces derniers vendront la baronnie à François de Mirand, Trésorier général de France.
Au moment de la Révolution, le château était transformé en « grenier à sel ». Vendu à l’Etat en 1810, il fut utilisé comme prison et il en garde encore quelques vestiges (barreaux aux fenêtres, portes de cellules…) Depuis 1976, il est le siège du Parc national des Cévennes qui l’a restauré et il abrite une exposition permanente dans un espace scénographique quadrilingue (français, anglais, allemand, néerlandais).

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La Malène : le coeur des gorges du Tarn

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 Le Village de La Malène est situé dans un «talweg*», qui en faisait l’accès le plus aisé au Tarn depuis le causse de Sauveterre. C’est aussi le point de départ, notamment en barque ou en canoë, vers le cirque des Baumes, véritable coeur des gorges du Tarn et « spot» d’escalade internationalement connu. Le Bourg a su garder le cachet ancien de ses ruelles et maisonnettes qui ont traversé les siècles, à l’abri sous le rocher de la Barre… malgré quelques confrontations avec les huguenots cévenols tout proches.

1• La batellerie

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La nécessité d’un usage familial est devenue une aventure collective des pionniers du tourisme. La barque fut durant longtemps le moyen de transport d’une rive à l’autre, mais également de hameau en village. Elle servait au transport des animaux, des marchandises de toutes sortes et bien entendu des personnes. Son usage était familial et son maniement se transmettait des parents aux enfants. Aujourd’hui les bateliers vous proposent, d’avril à octobre, la descente depuis La Malène jusqu’au cirque des Baumes : 8 km sur la partie la plus spectaculaire des gorges du Tarn.

2• Du château au manoir

Manoir MontesquiouAu fil des siècles les seigneurs Montesquiou ont édifié leurs châteaux sur des sites bien différents. Le 1er château était perché rive gauche du Tarn à mi-pente au Ron de Montesquiou, puis fût abandonné pour s’installer au Planiol rive droite plus près du Tarn.
A la renaissance apparaissent les « châteaux résidence » comme celui-ci, bâti vers 1600. Ses tours et ses tourelles montrent la puissance de la famille. En 1627, le sieur Montesquiou barre la route au général des protestants, il en reçoit les remerciements du roi Louis XIII ! Le manoir est aujourd’hui un hôtel de charme.

3• Le moulin

departLieu d’échange entre causses et vallée, le moulin a plus de 8 siècles d’existence ! Il ne produit plus de farine depuis le début du XXe siècle. Cependant il a suffi d’installer une petite turbine là où se trouvait anciennement la roue horizontale du moulin pour le faire fonctionner et produire de l’électricité. L’avant du moulin a la forme d’une proue de bateau afin de résister aux fortes crues, car l’eau peut monter jusqu’au toit en période de crues. L’été, depuis 1973, l’activité est complétée par la location de canoës.

4• Le vieux village

LaMalene-village

Les ruelles étroites et sinueuses, sous la barre rocheuse, confèrent au vieux bourg un charme certain avec le long des petites maisons typiques parfois semi-troglodytiques. Il fait bon y flâner au calme. La Malène a connu des heures difficiles après la révolution française suite à une contre-révolution royaliste : ces derniers portaient la cocarde blanche, clamaient « Vive le Roy », et refusaient de renier leur foi. En juin 1793 une vingtaine de malénais ont été conduits à Florac pour y être guillotinés. En octobre, les révolutionnaires sont revenus. Ils ont pillé et incendié les maisons. La barre rocheuse noircie porte encore les traces de cet incendie.

5• Église

Eglise La Malène

L’ église Saint-Jean-Baptiste du XIIe siècle est un petit joyau de l’architecture romane. Sa sobriété ne vous laissera pas indifférent. Vous pourrez vous attarder devant le tableau de Luis Tristan de Escamilla (élève de El Gréco) représentant Saint Jérôme. Datant du XVIIIe siècle, il est classé Monument Historique. Une chapelle est dédiée aux Martyrs de La Malène de 1793.

Castel Merlet, un nid d’aigle Mérovingien

castel-merlet

Sur une surface de 1 hectare, à 300 m au-dessus du village, c’est là qu’au VIe siècle fût construit le castellum de Malena. Une position défensive indéniable, mais aussi un lieu de pouvoir et de puissance. Ce site est sans doute la plus vieille forteresse mérovingienne connue en France. Depuis 2008, des découvertes sont faites : des maisons à colonnades, des amphores, des thermes romains… Les bâtiments étaient somptueux pour l’époque et le commerce semblait florissant. L’Histoire nous apprend aussi qu’Hilaire a réussi à sauver le castel de la menace des Francs au VIe siècle, mais il a finalement été abandonné un siècle plus tard.

Le site archéologique est interdit au public mais il est visible depuis le Causse Méjean en face.

*Terme d’origine allemande ; Tal “vallée“, Weg “chemin“ : litteralement “chemin vers la vallée“.

+ d’infos sur le village de La Malène.

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